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juin 15, 2004

Place Pinel

Il s'agit ici d'évoquer la place Pinel comme elle le mérite. Il s'agit aussi de mériter la place Pinel. Il s'agit enfin de tout.

La place Pinel est une place d'apparence modeste, située dans le 31500 à Toulouse.
Là s'est déroulée une partie de la bataille du 10 avril 1814 qui opposa les forces françaises, dirigées par Soult, et les forces anglo-hispano-portugaises dirigées par Wellington.
Nulle trace de la bataille place Pinel. Pas de statue. Pas de buste. Pas même une plaque.Aucun monument aux morts de quartier.

Le monument de la place Pinel, c'est son kiosque.
Ce kiosque est étonnant. Ce kiosque implique tout. A bon entendeur, salut.


II


Le kiosque de la place Pinel comporte dix colonnes. Ce n'est pourtant pas ce nombre qui attire d'abord l'attention, pas plus que celui des marches qui permettent d'accéder dans la surface ronde prévue pour les musiciens. Le nombre des carrés qui constituent la multiple rampe qui entoure ce cercle ne justifient pas non plus immédiatement l'importance du kiosque.
C'est ensuite, lorsqu'on a pris du phénomène, de ces conséquences acousmatiques, et des révélations qu'elles impliquent, que l'on se retourne les nombres.
On lit les nombres depuis l'oreille. Tel est du moins l'observation que conduit à formuler une longue habitude de la place Pinel.


III


La place Pinel se donne à voir, se donne à entendre. On peut aller la vérifier. Tout ce qui se dit ici est vérifiable. Quiconque possède un plan de Toulouse peut identifier la Place Pinel. Quiconque se trouve à Toulouse peut se rendre place Pinel. Cependant,l'accumulation des évidences ne p^rouve rien quant à l'existence de La Place Pinel. Elle ferait même soupçonner, par cet acharnement à se manifester, la possibilité d'un trou noir d'existence.
Emmanuel Riboulet Deyris, par son récent commentaire du nombre des platanes, incite, sur ce point, et d'autres, à la réflexion. La réflexion même, au demeurant, ici comme aillezurs, incite à la réflexion. Ce qui conduirait volontiers à prendre en considération le célèbre tableau de Van Eyck, les époux Arnolfini, dont le miroir circ;ulaire, qui fait réflkexion, fondant et dérobant la peinture et le monde,ramène invisiblement au kiosque de la place Pinel, dont l'existence est peut-être à penser, sur le modèle de l'arc-en-ciel.


Lundi 21 juin 2004, soir de la fête de la Musique, une procession, issue de la Résidence les Hauts de la Gloire à TOulouse (sur le lieu antique de l'usine des cachous Lajaunie), se formera, vers 22 heures pour se rendre à la place PInel dans le kiosque. Là , le phénomène se vivra.
Qui le désire vienne.

Publié par Yves Le Pestipon à juin 15, 2004 05:59 PM

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