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juin 23, 2004

Présentine, ou le silence d'un signe.

Où l'auteur renonce peut-être à se taire ;
où dans l'entre-deux-mers un jour les éléments se mêlent;
où Présentine, après Célestine, paraît;
où le tour d'un trou, enfin, démontre tout.

Longtemps, à tout j'ai préféré me taire.
Non que le désir ou les mots fissent défaut, ou que je fusse de taille, un temps, à leur résister : vie, noms, mémoire, amis, images, amantes, histoires, tout menait nécessairement au récit. - Puis les supputations du monde méritaient au moins une réponse...
Or l'envie de parler, trop belle, et aussi la matière, trop vraie, m'empêchaient finalement de rien dire. (Là où il faut parler, je dois me taire, convenais-je.)
Tout m'était trop ; pour ouvrir la bouche, il me manquait un rien : Présentine le fut.
Redire l'instant, catalysé de nuit, d'éblouissement et d'errance, où devant moi parut, la première fois, le mot en moins de Présentine, je ne le veux pas.
Je publierai, à la place, ce que j'entendis : cinq consonnes basses, entées de deux claires voyelles, qui figurent comme le féminin de toute présence, ou l'absence finale de chacune, ondoient sensiblement comme le serpent qu'elles recèlent, simulent un signe, débouchent enfin sur une substance vespérale, médicamenteuse et troublante : vous reprendrez bien un peu de Présentine?...
Tel je perçus ce que je ne puis appeler un nom, pur signe plutôt, suspendu un après-midi de juin dans le ciel plein d'eau mêlé à la terre mensongère du milieu d'un chemin idiot de l'entre-deux-mers,
après-midi terrible et tiède au cours duquel mon ami Emmanuel Riboulet-Deyris et moi vîmes affluer à nous comme des vagues roulantes de révélations successives,
dans le mélange des éléments que pourtant le commencement sépare,
entre Lubert, Dropt, Estey, Benauge, Engranne et Pimpinne,
nous vîmes donc très clairement surgir, mon ami Emmanuel Riboulet-Deyris et moi, un monde ancien, autre et souterrain,
un monde qui décidément ne voulait ce jour-là demeurer ni autre ni souterrain,
mais irréfutablement se révèla féminin, catastrophique et troué,
et dont le trou soudain se présenta sous la forme évidente et irreprésentable de Présentine.
(Elle y était : là , c'est-à -dire partout, c'est-à -dire ailleurs que dans son propre trou.)
Eblouis et inquiets, nous ne manquâmes pas de pénétrer Présentine,
c'est-à -dire que nous ne pénétrâmes rien,
puisque ce trou qu'elle montre, où réellement elle n'est pas, est tout ce qui en reste.
(Ici, j'avoue un préliminaire échec,
précédant Présentine, ce jour-là ,
de pénétrer souterrainement Célestine,
dont nous connûmes le bord, non le trou,
où cependant une apparition blonde nous intima de mener promptement la troupe plurielle de trois vierges pures.)
De toute féminité on ne fait que le tour.
Voilà ce qui fut, ce jour-là , démontré,
et que redira mon ami Emmanuel Riboulet-Deyris (car il en sait plus long que moi sur certaines femmes blondes et les pierres claires qui se dressèrent devant nous, ce jour-là , entre Engranne et Pimpinne, sur les sépulcres avides et ouverts qui abruptement nous tentèrent, et les autres convulsions de la terre), près de Toulouse, bientôt.
Et si, désormais, le signe que représentait Présentine se tait,
c'est que d'autres attendent, qui parleront après.

Publié par Denis Favennec à juin 23, 2004 12:38 PM

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Je me borne à relater ici, simplement, ce qui est apparu le jour de l'écriture, par Denis Favennec, de l'article http://www.lastree.net/log/2004/06/index.html#000004" Présentine : où le silence d'un signe ". Il faut le lire avant d'aborder ce qui... [Lire la suite]

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