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« Sur ce chemin je dégénère »

samedi, 10 juillet 2004

Sur ce chemin je dégénère

1°) Toulouse, midi, juillet : seul maître de la craie, pointant le point après la séparation des sphères, Emmanuel Riboulet-Deyris clairement prophétise : "Sur ce chemin je dégénère." Stupeur. Murmures d'aise parmi le peuple assemblé ; pâleur belle, en bas, du jury. Etonnement net, à mon côté, d'Yves Le Pestipon, éjoui par la beauté, au tableau, dans l'air, du lieu et la formule enfin réconciliés. Temps clair. Bonne visibilité. Assistance nombreuse, mixte, de qualité. "Sur ce chemin... " : au tableau, expectorés, un trait, des trous très galoisiens : ledit chemin, réalisé, ne relie cependant rien. Endervichée, la craie d'E.R.D. tourne autour d'un trou. Nous restons cois. "... je dégénère" : nulle trace, pourtant, chez Emmanuel, d'un fléchissement quelconque : vif, solaire, tel un ptyx ostensible au tableau il resplendit - sa prophétie ne l'affecte pas. Et à douze heures et trente minutes, docteur universel très honorablement le jury unanime l'acclame. Cris, trompettes et petits fours. 2°) Frontenac, cinq heures : de Pujols jusqu'à Blasimon, suavement Marie de Marcillac nous suit dans les détours de la route qui précède Présentine. Yves, Marie, moi, d'abord nous arrêtons à la requête instante d'une pancarte : "Site naturiste homologué" sitôt lu nous tenta. Sortie d'Yves, attente - nul corps nu, hélas, n'orientait ses regards. Sur-le-champ, malgré le chien, image - de rien. Puis se présente Présentine, où Dulcinée se vide. Troupe légère, en haut, de nuages ; vent vif frais ; dans le sorgho, véhicule : Noël Mamère, mal grimé, est là , et sa compagne songeuse. "Présentine... n'y est plus", sussurre, stoïque, le sosie du marieur. (La voix, je crois, égale à celle qui jadis énonça, secrète : "La pénultième... est morte".) Et la compagne évoque, mémorables, d'autres temps, d'autres voyages ; ému, l'homme qui ressemble à Mamère parle des pierres que les pilleurs remuent. Lors prinrent piteux aspect, et à tous fut grant'peine ramentevoir li dols présentiniens. Puis saluent, font un tour et s'en vont. Montjoie! Par la vraie croix et par les lys, Yves, Marie, moi, courons sus à Présentine : marchent trois donc dans l'entre-deux-mers, parmi les tombes mues et les symboles brisés. (Sur le chemin du trou où tout dégénère, nous tentons, cependant, de maintenir le genre que menace Mamère.) Epars, les restes de Présentine surplombent prestement les pierres qui remontent. Chiffrant, tel finalement Rimbaud, les dents et les os, je formule devant Marie l'évidente théorie : ici, l'humanité semeuse de squelettes récolte les tombeaux ; ici, par une convulsion élémentaire, le dehors et le dedans des choses s'échangent. Un dur et funèbre fil fait preuve pour moi et Marie qui péniblement séparons le caillou de la fange : de quoi Yves fait image. "Seul désir de gésir ici", admet alors Marie, fille à la licorne murmurant tout bas ce qu'aucune publiquement ne dira. Puis tour et détour de Présentine, croix, étoiles, ombres, signes du sombre bord. Pluie de trois : figue, houx, vigne. Yves - reporter, Marie - fleur parmi les fleurs, moi - numérateur. Peintre, modèle et spectateur. Soudain les Faux paraissent, et prolifèrent. Imparablement, la parole d'Emmanuel s'accomplit : dès l'apparition des Faux, dont Yves lève l'image vaine et véritable, au bord du trou perpétuel de Présentine tout dégénère. Nous partîmes. A la suite de quoi, 3°) le soir, entre Bourgogne et Mériadeck, Marie - admirable, Yves - polymorphe, moi - calculateur, trinité douce lancée à trente kilomètres/heure sur les quais, nous lûmes, authentiquement, l'addition aux articles de l'agouti, du paca et de l'akouchi, qui restent dans leurs trous pendant la nuit, à moins qu'il ne fasse clair de lune, mais ils courent pendant la plus grande partie du jour, et il y a de certaines contrées, comme vers l'embouchure du fleuve des Amazones, où ces animaux sont si nombreux, qu'on les rencontre fréquemment par vingtaines. Note : de tout cela, trop vrai, on verra sous peu les images, sinon les preuves, livrées par Yves Le Pestipon à l'Astrée.

Denis Favennec | Voir l'article : Sur ce chemin je dégénère 10:53 dans Grothendieck , Présentine , Théologie

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