« L'apothéose de Poutine »
mercredi, 8 septembre 2004
L'apothéose de Poutine
On le pressentait; je le confirme. L'histoire mondiale, telle qu'en elle-même enfin la télévision la change, n'est que la réalisation étrange et catastrophique des présages que quelques uns, entre autres sur l'Astrée, collectent. Dont les récents meurtres ossètes, que la nature satanique de Vladimir Poutine, homme, jointe à la castration de sens moral qui auréole les actes et les articles d'Yves Le Pestipon, auteur, avaient pourtant dès longtemps présagés. Qu'ici nul en vain ne s'étonne : tout était dit, peint ou écrit. Il suffisait d'ouvrir l'oeil, l'Astrée ou l'esprit. Car dans ce monde il n'y a pas de révélations, mais seulement des confirmations; et dans l'autre c'est l'inverse. Bien. Reprenons. En juin 2004, sous un panneau de basket-ball jaune, à Paris, je remettais à Yves Le Pestipon une enveloppe scellée portant les initiales G.A. Cette enveloppe, dont je soupçonnais à l'époque le contenu pour l'avoir moi-même artisanalement confectionnée, recelait de terribles révélations que j'ai pour la plupart oubliées. Ce qui est, tout compte fait, préférable. Je confirme cependant, ainsi que l'a rappelé récemment Yves Le Pestipon, que l'enveloppe G.A. contenait la preuve photographique, relevée sur internet, de l'identité parfaite de Vladimir Poutine avec un marchand italien nommé Giovanni Arnolfini. Précisons. Giovanni A. a été dépeint en compagnie de sa femme et d'un chien par Jan Van Eyck, artiste, en 1434, à Bruges, où ledit G.A. était en train d'inventer, avec d'autres marchands italiens, une forme pré-berlusconienne de capitalisme dévot. Sa ressemblance nous a ainsi été conservée dans un tableau vertigineux et assez célèbre exposé à la National Gallery de Londres sous le nom de "Portrait des Arnolfini", que quelques uns ont vu. Ou plutôt cru voir, car, comme les eyckologues (spécialistes) l'ont prouvé, ce tableau, comme un miroir que d'ailleurs il contient, est invisible pour quiconque ne parvient pas à s'y réfléchir, c'est-à -dire tout le monde. Sauf Poutine. Car Vladimir Poutine EST G.A., ou plutôt l'a été, à Bruges, en 1434, c'est-à -dire l'Antéchrist. En font foi, dans le tableau, son geste mal placé (salut? bénédiction? provocation?), ainsi que son apparence lunaire, fantomatique et sombre, comme si, parodiant l'apothéose du Pantocrator, il n'apparaissait que pour mieux s'absenter. Et il n'a échappé à personne que l'homme Poutine est, depuis peu, pourvu dans ses apparitions télévisuelles d'une espèce d'aura obscure et ondoyante qui provoque d'intenses convulsions du côté féminin du monde, c'est-à -dire au fond. Ce que confirme d'ailleurs le miroir des Arnolfini, dont la bordure contient des scènes de la Passion du Christ, en Ossétie du Nord, la semaine dernière. Sans parler d'une tache rouge et une bleue qui occupent, dans le miroir, la place impossible du spectateur ou du peintre, et que l'apparition de Poutine, dans le tableau ainsi qu'à la télévision, réduit à l'aspect de trace, de reste et de spectre. Plus : l'épouse Arnolfini, Giovanna, para&icirt un peu enceinte; madame Poutine, le week-end dernier, ne l'était pas. Ce qui est suspect. En passant, je confirme que Winnie est bien le nom, et non l'image, du chien d'un voisin d'Yves Le Pestipon, à Toulouse, qu'au cours d'un bref séjour je n'ai pas réussi ni cherché à voir, mais dont l'appellation à mes yeux vaut preuve. Donc, que les Winnie exposés aux deux pointes de l'Arménie, en Août, ne sont que les homonymes gémellaires et doux d'un animal improbable, toulousain et poilu, qui à lui seul forme un tableau vivant tandis que face à lui la mort murmure. Comment, maintenant, douter? Tous les présages relevés ou déposés par Yves Le Pestipon dans l'Astrée et en Arménie se trouvent confirmés par l'événement, le tableau, l'internet, la télévision, l'article, et par la bande. Quant au chien des Arnolfini, qui s'appellera un jour Winnie, horriblement au bord du tableau il regarde. Et se tait.
Denis Favennec |
20:43 dans
GA
, Winnie The Pooh
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