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« Pourquoi chercher des mégalithes ? »

mardi, 27 septembre 2005

Pourquoi chercher des mégalithes ?

L’Astrée se peuple de mégalithes. Plusieurs paraissent. Beaucoup apparaîtront. Une immense constellation se constituera.

Depuis plusieurs années, nous cherchons.

Le pasteur Jean-Pierre Nizet et moi, Emmanuel Riboulet-Deyris, Marie de Marcillac, Serge Pey, Jean-Pierre Pautou, Agnès Birebent, Grant Mackiemclean, Frédéric Hossey, Inès Guittard, d’autres encore, nous progressons dans des territoires à la recherche de ces gros blocs de pierre, dont riait Flaubert et dont s’émerveillait Victor Hugo.

Nous ne sommes pas des archéologues. Nous ne sommes pas non plus des radiesthésistes ou des druides. Nous avons beau poser nos mains et nos culs sur les pierres, nul fluide ne passe. Nous cherchons pourtant des menhirs, des dolmens, des cupules, des cromlechs, des tables à sacrifice.

Ces pierres, ou ces traces, ne nous ont jamais déçus. Toujours elles occasionnent des rencontres. Avec nous-mêmes. Entre nous. Avec le paysage. Avec le silence.

Des étoilements se constituent. Des chemins. Nous allons de pierre en pierre. Nous gardons mémoire des rencontres. Nous construisons dans notre nuit des voies d’écho. De la Chine à la Galice, d’Arménie en Turquie, de Belgique en Sardaigne, à travers garrigues et bocages, nous maillons sur la terre et nos cœurs le vieux texte des pierres. Nous habitons ainsi.

Chercher des mégalithes permet d’aventurer son esprit et son corps hors des foules. Si de rares sites, comme Carnac, drainent les DRAC, les offices de Tourisme et tous les organisateurs, la plupart des mégalithes sont au secret des bruyères et du thym. Ceux qui demeurent appartiennent presque tous à des territoires abandonnés, méprisés par les églises ou les états, aux landes, aux causses, aux « barthas ». Là l’œil peut voir. L’oreille peut entendre. Les sens sont actifs.

Peut-être suis-je, quant à moi, poussé aux mégalithes par l’ardeur de mon père, qui arpentait le Sud-Aveyron, dès la fin de la guerre, pour y reconnaître et photographier les dolmens. Sans doute fus-je ainsi initié. Mais chacun d’entre nous a eu sa voie vers les pierres. Jean-Pierre Nizet les a rencontrées depuis la Bible, et surtout depuis le bétyle de Jacob. Frédéric Hossey y fut guidé par son refus du « sympa ». Le désir d’y rêver y a conduit Marie de Marcillac. Le poème y mène Pey comme la vague le navire. Qui sait d’ailleurs si tout ceci n’est pas faux, et si nos quêtes ne viennent pas de notre mort ?

Nous avons fait des découvertes. Nous en ferons d’autres. La science même, en ce domaine, sait peu.

Les mégalithes nous font éprouver le vieux monde sous les églises et les temples. Un immense territoire sans nos frontières actuelles, ou même datant d’un peu avant notre ère, demeure. Les menhirs de Karraounch en Arménie y caracolent avec Carnac. Les petits dolmens de Lalapaça y racontent ceux des petits causses de Saint Affrique. Les cupules de Montolieu y jouent aux étoiles avec celles de Maurienne.

Avec les mégalithes, nous foulons la vieille aventure des hommes, la tête dans le ciel, et l’âme silencieuse comme ces pierres, qui ne disent rien strictement, mais nous font partager la parole.

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Pour mes amis chercheurs de Menhirs, pour Serge Pey , Inès Guittard, et les autres, ce poème, parti du petit Menhir de Guittard, juste au dessus de Montolieu :

Menhir de Guitard,

Petit menhir,

Little menhir,

Petit homme délire dans la garrigue,

Menhir musicien,

Menhir patient de Guitard au bord du plateau de Montolieu,

Petit menhir de granit dans les fourrés,

Menhir sous les pins et les chênes nains,

Parmi les déchets de poubelles, les gravillons,

Menhir gitan que rien ne vante,

Petit menhir d’un pauvre mètre,

A peine bon pour que pissent les chiens,

Et quelques amoureux,

Petit menhir fort exilé,

Petit têtu qui nous aimante,

Menhir de Guitard, la nuit, le jour,

Tu rends présents tous les menhirs.

Avec le Menhir de Malves

Petit menhir de Guitard,

Avec le menhir de Peirra plantada dont les cupules font Orion

Avec le menhir du Picarel dans les forêts de la Montagne noire

Avec le menhir de Roquefort,

Avec tous les menhirs de Karraounch qui accompagnent la rivière,

Avec les menhirs de Carnac et de Lalapaca,

Avec les pierres de Stonhenge et les statues-menhirs de Brassac,

Avec la Cham des Bondoms,

Petit menhir

Menhir de Guitard,

Avec tous les menhirs,

Contre les fleuves d’Héraclite,

Tu fais appel.

Les pierres par toi sont nos pas.

Le lait des astres coule à nos cuisses.

Nous marchons et nous recueillons l’ombre

Comme une échelle d’homme.

Nous cheminons dans ton appel vers notre crâne

Qui est un vieux dolmen de ciel

Juché sur ton cou

Par des anges et par des gitans.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Pourquoi chercher des mégalithes ? 18:22 dans Méthodes

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