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« Le Kiosque selon Nizet »

vendredi, 7 octobre 2005

Le Kiosque selon Nizet

La quête pinélienne nous exhorte à penser chaque mot.

A lui seul, par sa vocation d’être ouvert de tous côtés, le mot kiosque nous conduit sur des chemins théologiques innombrables.

En ouvrant Le Robert, dictionnaire historique de la langue française, je découvre que le mot est d’origine persane kusk et qu’il parvient jusqu’à nous par l’intermédiaire du mot turc kösk et son dérivé italien chiosco (le chiosco par jeu homophonique est à associer au chiostro).

Aujourd’hui, le sens général du mot kiosque nous fait regarder vers le monde des jardins publics ou celui des journaux, mais à en croire le sens premier, le kiosque est bien plus qu’un édicule, un abri coiffé d’un toit.

Le mot persan kusk signifie littéralement une salle haute, un salon, où la parole est partagée et protégée. C’est le lieu de l’écart, du secret et de la transmission.

Pour le chrétien que je suis, cette définition inattendue renvoie aussitôt à l’υπερωον du livre des Actes. Cette salle haute où se réunirent les apôtres après l’événement de la croix, avec pour exigence terrible de méditer la mort du Christ et sa non toute puissance.

Ce retour en Perse et ce détour par Jérusalem, me conduisent en vérité vers le kiosque de la place Pinel.

Car pénétrer l’espace du kiosque de la place Pinel, c’est oser entrer dans la « salle haute » qui nous oblige à penser ensemble l’épine et l’Elohim.

C’est oser entrer dans la salle haute qui ne domine rien, si ce n’est cet espace sombre, presque vide où quelques débris du monde sont posés, comme parfois des bouts de tissu sont posés dans les tombeaux.

C’est oser entrer dans un espace surmonté d’une coupole et par là accepter d’avoir au-dessus de la tête une limite qui symboliquement fait obstacle à nos prétentions verticales.

Il est à ce propos merveilleux de constater que le mot kippa, suit immédiatement celui de kiosque. Par cette proximité, le Robert me laisse entendre que les deux mots se répondent mutuellement. La kippa, en effet, vient d’un mot hébreu que l’on peut traduire par coupole.

Une coupole symbolique, brodée ou en tissu, que portent les juifs pratiquants en signe d’humilité devant Dieu. La kippa nous enseigne qu’il ne peut pas y avoir de relation à Dieu sans qu’une limite ne soit posée, sans l’acceptation de notre solitude et de notre finitude humaine. Le kiosque de la place Pinel fait assurément fonction de kippa, il est peut-être même une anti-Babel. Son appel n’est pas d’escalader le ciel mais d’ouvrir les yeux et les oreilles, de s’ouvrir au réel.

Enfin, entrer dans le kiosque de la place Pinel c’est oser traverser une béance.

Une béance qui fait trace du retrait de Dieu et devient alors bonne nouvelle.

C’est oser entrer dans un lieu pour rien où Dieu s’est effacé et par là même a ouvert un espace d’aventure où à tout moment je peux le rencontrer.

Jean-Pierre Nizet

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Le Kiosque selon Nizet 21:28 dans Place Pinel

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