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« Où va l'Astrée ? »

jeudi, 27 octobre 2005

Où va l'Astrée ?

Depuis un mois, l'Astrée paraît sur la toile. Des photos se montrent. Des sons s'affichent. Des textes sédimentent. Des réactions se produisent.

Où va l'Astrée ? Telle est la question.

L'Astrée est le lieu sans lieu qui met en liens des recherches multiples dont l'objet est le sujet en tant qu'il s'affirme sujet dans son rapport au monde. Cela ne signifie pas que l'Astrée récuse ce qu'on nomme l'objectivité scientifique. Bien au contraire.

L'Astrée est largement oeuvre de mathématiciens, et elle va accueillir, dès que quelques problèmes techniques auront été résolus, des travaux de botanique, de physique, ou d'histoire. L'Astrée ne tourne pas le dos à l'ironie critique. Elle prétend seulement ne pas croire trop aux prétentions de l'institution universitaire, dont les pauvretés éclatent.

Le sujet n'est pas l'individu.

L'individu est ce qui reste quand on fait des divisions de foules, et il est actuellement le meilleur moyen de contrôler les mouvements de foule. L'individu piège le sujet. En témoigne l'éducation à l'individu dont on drogue les adolescents du jour avec les « marques », le sport, la musique, de pauvres signes.

L'individu descend du signe. L'Astrée s'accorde volontiers avec quelques thèses d'Henri Meschonnic, La guerre du signe doit être déclarée, et c'est affaire de sujet, car le signe fige et coupe. Il ne drageonne pas. Il enferme le sujet par division dans la camisole de l'individu, le réduit à crier « moi c'est moi », comme on le voit partout, ce matin, et, spécialement, chez tant d'artistes, volontiers rameutés en divers Marathons des mots, ou plutôt des moi, pour faire signe, se faire signe, réduire leur sujet au statut d'individu visible, voire ostensible, ou même ostentatoire.

Or l'Astrée ne fait pas signe. L'Astrée d'abord se terre derrière des plis de toile. Elle se crypte, à mesure qu'elle décrypte. Elle retourne les tombes qu'elle ouvre sous les vulves qu'elle voile, et elle lâche alors des lueurs, parfois d'or, parfois de tourbe, sans croire à rien qu'à ce mouvement. L'Astrée par là attaque. La place Pinel n'est pas un signe, mais un acte et un lieu d'attaque. Ainsi soient du ciel et du sol, ou du soleil.

L'Astrée procède par racines multiples et champs d'étoiles. Cela peut gêner. L'Astrée travaille par tous les bouts et, donc, trouble, mais ceux qui la trament ne prétendent pas mettre leur moi là. Ils savent que l'idolâtrie de soi empêche le vif du sujet. Ils savent que c'est en brisant la table de son moi que l'on découvre, par exemple, l'incroyable et quelconque place Marius Pinel, ou le fonctionnement des menhirs, ces grosses pierres.

Les menhirs ne sont pas des signes. Les menhirs parlent en tous sens, et ils ne parlent pas. Les menhirs font racine en nous chaque fois qu'on les rencontre et ils pointent vers d'autres espaces. Les menhirs ne rassemblent pas des individus, sauf peut-être dans quelque parc touristique, mais ils s'adressent à des sujets, qui s' adressent par la marche qu'ils font vers eux, par la volonté de vouloir leur désir. C'est pourquoi les menhirs sont, et vont être si présents sur l'Astrée.

Voilà une digression !

Que rencontre-t-on sur l'Astrée ?

Pour l'heure, quelques écrits, qui commencent à dessiner un champ de recherches, et des méthodes. Plusieurs voix se croisent. De nombreuses voix vont venir. On y rencontre des images, toutes liées entre elles et aux textes de plus en plus par des liens. C'est la présence visible d'Astrée qui se construit ainsi. On y rencontre des fragments qu'Astrée cueille dans son sillage et devant elle, et qui peuvent être toutes sortes de choses, toujours choisies. On y rencontre une chevelure de liens, puisque par eux, lorsqu'ils ouvrent, drageonnent, mènent vers des paysages, peuvent s'animer l'oeil et la main. Enfin des phrases tombent, péremptoires, contradictoires, sous la forme de citations, comme des pierres qui font écho.

Astrée s'élabore. Ceux qui oeuvrent pour elle, en elle, et par elle, déploient leurs existences au monde. Il se produit des événements. Il s'en produira. Ce sont chaque fois des épreuves, comme disent les graveurs, toujours diverses d'un même dessein, ici téméraire, celui d'Astrée.

Où va-t-elle ?

Elle va à la mort, naturellement et cette disparition fait apparaître son cortège. Elle combat les âmes malivoles d'un coup de gai savoir, et leur dit « Fuck ». Ses vacations sont farcesques, mais la farce rend poule bonne, et la bonté est d'Evangile.

Pour qui traverse quarante jours le carré noir, se crée la clef. Comment ? Secret.

Camille Amadeus Colombetto | Voir l'article : Où va l'Astrée ? 17:56 dans L'Astrée

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