« Le musée des âmes du Purgatoire »
jeudi, 5 janvier 2006
Le musée des âmes du Purgatoire
Le Musée des âmes du Purgatoire, à Rome, a connu la visite de l'équipe d'Astrée. Ce n'était pas une première. Déjà, voici dix ans, le pasteur Jean-Pierre Nizet et moi, nous nous étions ravis du lieu. Cette fois, il y a eu miracle.
Ce musée s'atteint à travers la seule église néogothique de Rome, l'unique laide selon Denis Favennec. N'y voit-t-on pas une espèce d'évêque en bronze équipé de lunettes ? Rien ici de baroque, de primitif, ou de renaissant. Rien même de kitsch.
Quand on avance vers le choeur, sur la droite s'ouvre une porte. Un misérable sacristain, à l'aimable requête d'un Muséo, répond par un grognement et éclaire une petite salle.
Sur le mur de gauche, au dessus d'un tronc de bois, on voit.
On voit la collection du musée des âmes du Purgatoire, ou des preuves de la présence de l'au-delà. Ce sont des reliques. L'Astrée les publie, ce qui est une première sur la toile, et devrait assurer un grand nombre de conversions en direct. Si, par bonheur, vous êtes convertis et que vous vouliez dans l'urgence faire un don à l'Astrée, cliquez là.
Que voit-on ?
Que ne voit-on pas ?
Regardez les photos. Cliquez sur les textes explicatifs. Convertissez vous.
Ce n'est pas un musée d'art contemporain. L'Astrée n'aurait garde à pareilles platitudes. Nul n'est obligé de s'ennuyer au monde. Les reliques ne sont pas des oeuvres d'art. Ce sont des preuves efficaces, des traces de la présence réelle. Pas d'art. Pas de culture. Pas de subventions. Pas d'ego d'artistes. On est dans la magnifique bêtise du vrai.
Qui peut douter que la défunte dame Leleu ait laissé une empreinte sur la chemise de son fils Joseph ? Qui peut douter du doigt de la Soeur Maria di San Luigi Gonzaga ? Qui doute se tue l'oeil.
Or, nous avons un instant douté. Nous, gens d'Astrée, pourtant prompts au poème. Mais nous ne doutons plus.
Que tout Pyrrhonien recueille en son coeur notre histoire, notre miracle garanti, nouvelle et dernière preuve -peut-être – de l'action des Ames du Purgatoire.
Nous étions équipés d'un appareil photographique Power Shot A 75 qui fonctionne parfaitement, malgré un coup reçu en Arménie, et qui a, sans histoire, parcouru l'Espagne, la Chine, l'Angleterre, Le Québec, le Kazakhstan, Montolieu, et autres territoires. Les photos que je prenais des reliques étaient correctes. Tout allait bien.
Soudain, sur l'écran arrière de l'appareil, une photo redoublée, verdâtre, est apparue : une image comme jamais ce Power Shot A 75 n'en avait produit.
De plus, à peine sorti de l'église, je vis apparaître cette annonce : Data deleted. Plusieurs photos avaient été détruites, et la maladie semblait gagner les autres.
Saisis de trouble, nous comprenions que la pinélisation du tronc du musée, où j'avais introduit de la terre de la place Pinel, troublait les présences. Des photos se décomposaient. Des tâches paraissaient. Le visible était souillé.
Nous avons fui le lieu. Nous avons multiplié les délectations, courant comme des fous les Saintes Madeleine aux seins tangibles, visitant les anges cul nu, adorant la beauté des religieuses de l'église des quatre saints couronnés, imbibant nos gorges de chocolats, enivrant nos yeux du Maître des chandelles.... Mais, malgré l'abandon de toutes nos fibres aux jouissances catholiques, nous n'avons pu oublier.
L'appareil-photo porte empreinte. Le Canon power Shot A 75 est devenu relique. Les âmes mortes touchent aux images.
Yves Le Pestipon |
21:27 dans
Coïncidences
1 commentaire est apparu (en écrire un autre ?)
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1.
Il n'y a pas d'entrŽe dans cette affaire.
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