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« Glissements progressifs du plaisir »

jeudi, 2 mars 2006

Glissements progressifs du plaisir

,on peut commencer à en parler, on peut commencer par réfléchir à ce qu'on fait, au travail qu'on a, aux produits qu'on achète, aux gens qui produisent ces produits, aux systèmes qui produisent ces gens qui produisent ces produits, on peut penser à ceux qui produisent ces sytèmes, à ceux qui sont produits par ces systèmes, on peut penser à réfléchir un peu, à penser ces pensées produites par les systèmes, on peut penser à ces sytèmes de pensées, aux systèmes de pensées qui produisent ces systèmes de production, on peut sentir sa pensée comme produite, comme un produit, comme parallèle à ces produits qui nous branchent dans les systèmes de production, on peut essayer de se penser comme produit de ces sytèmes, on peut sentir l'affinité de ces sytèmes, pas besoin d'adhérer à un parti, à une idéologie, on peut se sentir branché ou pas, il suffit de remonter l'horlogerie, de bien vouloir entendre le tic-tac de l'horloge, on peut penser son pouvoir, son pouvoir de se produire soi-même à contre-temps, ou plutôt dans son tempo propre, on peut au moins essayer, on peut sentir qu'on est déjà senti, on peut penser qu'on est déjà pensé, on peut vivre qu'on est déjà vécu, il ne reste plus qu'à glisser, sinon où serait le plaisir, plus qu'à faire glisser, qu'à glisser sa propre monnaie de paroles, sa propre monnaie de pensées, de fantasmes, de désirs, qu'à glisser sa propre sensibilité, qu'à glisser ses mots de passe qui inventent une autre pensée, une autre parole, une autre monnaie, une autre manière de travailler, de fabriquer des produits, d'acheter des produits, ses mots de passe, ça se passe ici, dès maintenant, dans le voisinage le plus proche, dans sa solitude d'appartement, dans sa vie de couple,dans sa façon de dire bonjour au chauffeur de bus, à la caissière de l'écomarché, ce n'est même pas la révolution, il ne faudrait pas exagérer, c'est juste se sentir un peu, se penser un peu, se vivre, seuls, par petits groupes, par associations, par réseaux, rendre ce texte inutile, ça se passe maintenant, on est tous des places Pinel qui restent à (se) découvrir,

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Glissements progressifs du plaisir 18:05 dans L'époque

1 commentaire est apparu (en écrire un autre ?)

  • 1.

    le vendredi 10 mars 2006, à 21:40, tartine écrivait :

    Voilà qu'il faut être soi-même à présent !

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