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« Une lettre à Colombetto »

samedi, 25 mars 2006

Une lettre à Colombetto

Une enveloppe adressée à M. Colombetto, 40 place Marius Pinel, 31500 Toulouse m'est parvenue.

Notons qu'il n'existe pas de 40 place Marius Pinel !

La Poste a cependant su utiliser l'adresse imprimée à mon nom placé en haut à gauche de l'enveloppe.

J'ai ouvert cette enveloppe.

A l'intérieur, un bout de papier avec cette addition : sidérante.

102

+ 021

+ 210

+ 201

+ 012

+ 120

= 666

Pas de signature. Rien. Tout aboutit au seul chiffre de la Bête : 666.

Après mûre réflexion, j'ai lieu de soupçonner un aventurier de la boîte à Cé, monsieur Victor Letel, bien connu du peintre Philippe Vercellotti, et probable lecteur de l'Astrée, où il a pu lire mes considérations sur la présence du 102 dans l'oeuvre de l'illustre penseur boitacien.

Vercellotti et moi soupçonnons en effet Victor Letel et Colombetto de fricoter, leur commun refus d'exister ayant pu les rapprocher, leur créer des affinités, les inciter à des actes, et peut-être, les rendre ensemble capables de tout. L'accouplement des vides enfante parfois les monstres. Quelles idées peuvent passer aux crânes d'ombre de ces deux personnages lorsqu'ils repèrent que le O, si vide, se tient comme le kiosque de la place Pinel entre le 1 et et le 2 du 102 ? Ledit Letel s'en émoustille probablement l'absence, et l'on ne serait pas surpris qu'il envisage de renouveler, ou de créer, avec Colombetto, le crime qui, selon Monsieur Martin - un des derniers concierges de Toulouse - aurait dans les années 36-37 laissé un matinal cadavre sur le sol du kiosque de la place Pinel ?

Vercellotti et moi sommes d'autant plus méfiants à l'égard de ces deux personnages que nous avons dû maintes fois constater leur action en nos plus personnelles productions.

Pour le moment, conscient du redoutable signe qu'elle constitue, je préfère ne pas prévenir directement Vercellotti de l'existence de cette lettre. Je la livre au monde par l'Astrée, qui est finalement une bonne chose, puisque les effets nocifs du chiffre de la Bête se verront comme tempérés par la multiplication de ses lecteurs. Aux jeux de l'invisible, il faut vaut s'entourer d'yeux vifs... Le Diable s'use d'échanges, mieux que les genoux des Saints de pierre ne s'usent aux caresses des dévotes. Cette lettre viendra jusqu'à mon ami accompagnée de regards neutres et apaisants, rendue civile, et douce par les scintillements tendres d'étoiles.

Trois remarques rapides :

- Que Victor Letel s'adresse à Colombetto au moyen d'une addition de nombres sur un bout de papier plus ou moins gras ne surprendra que ceux qui ignorent que des rabbins communiquent en s'expédiant des légumes, par exemple des carottes, ou des concombres qui font jeux de mots en langage hébraïque, ce qui autorise entre eux les plus hautes spéculations.

- Que la place Pinel se trouve mêlée à cette affaire n'étonnera que ceux qui ne savent pas entendre que Victor Letel rime à Marius Pinel, et que l'el final loin de lui faire mal fait miel à l'ange. Le vide du kiosque, discrètre négation entre le nombre et l'el quasi divin, éternellement fait appel.

- Quant à la présence d'Yves Le Pestipon dans cette affaire, elle est effet de perspective par son nom aux petits ponts qui font passages entre les choses et création de ce verset loti de sens :

Dieu l'épars nous rejoint dans la diversité

Diable !

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Une lettre à Colombetto 21:28 dans Artistes

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