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« Cabinet de curiosités ? »

jeudi, 30 novembre 2006

Cabinet de curiosités ?

Le monde, curieusement, n'est pas fini. Les cabinets de curiosités non plus. J'en connais plusieurs d'actifs, dont celui qui m'entoure, pour l'heure, avec ses têtes noks, ses fossiles, ses masques, ses vieux livres, ses cristaux de cobalt, ses vieux panneaux rongés de pluie, son faisan empaillé, son chapiteau roman peuplé de monstres, ses ammonites, ses boules de Jean-Luc Parant surmontées d'un escargot arménien, ses os d'homme, de bélier, d'itchyosaure, ses obsidiennes, son démon Humbaba, ses icônes, son cérithium giganteum, ses deux disques bi, son bâton de Serge Pey, son petit bateau fatigué en cordes et bouts de bois, sa grosse pépite d'or dans une clochette de bronze, ses cristaux de calcite, son jade, ses traces, sa tête d'hippopotame en pierre, ses mains de brique venues d'un cimetière, sa boîte noire de Guittard, son grand vase à figures rouges, son calcaire du Causse d'Hermilix en forme de diplodocus, son ostrea crassissima, ses pièces rares venues de Mamona... Le tout, loin du tas, est en ordre.

Le cabinet de curiosités n'est pas une collection qui vise la complétude d'une série parmi d'autres possibles. Il est sans fin. Mais ce n'est pourtant pas une collection ouverte définitivement à l'inachevé. Il formule le monde, non l'univers. Il se sait impuissant, mais rêve, et son créateur l'habite, ou quasiment, comme la xénophore sa coquille. Il se réserve cette forme, qui vaut et fait figure, n'y invitant que des amis, toujours frères en curiosités, des curieux curieux de sa curiosité, et dont il est curieux.

Ce lieu n'est pas un cabinet d'amateur, cantonné dans l'artistique, et qui néglige les pierres, les coquilles, les météores et les plumes. Le cabinet de curiosités ne croit pas à l'exclusif de l'art. Antérieur à sa coupure avec la recension des choses, il l'installe parmi les cadavres et les galets, et eux en lui. Il ne se pare surtout pas des feux faciles de l'amour, fût-ce sous nom mou d'amateurisme. Il se veut de curiosités, ce dont il sait la vertu et le vice. Il se fonde en elles. Il ne prétend pas échapper au péché, moins encore à l'Eros. Il récapitule toujours la magnifique mauvaise foi du trouble joueur des Grieux quand ce motif justifie sa rencontre avec Manon Lescaut.

Le cabinet de curiosités est curieux de cette curiosité, et doublement, car il est traversé, comme cet adjectif, sans vouloir être adjectif, par les voix qui s'inversent du désir... Il ne louche pas vers la prétendue innocence d'un XIXème siècle honorable. Il se sait catholique, et peut-être même jésuite, ce d'autant qu'il fleure un peu le libertinage. Il jouit du péché, dont il pense, et vise véridiquemet le tout, en toute malice non coupable. Il comprend l'excellent abbé qui regarde les dentelles de la belle à l'escarpolette.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Cabinet de curiosités ? 23:38 dans Méthodes

2 commentaires apparurent (en écrire un autre ?)

  • 1.

    le mardi 5 décembre 2006, à 07:55, ELTdG [TypeKey Profile Page] écrivait :

    Ou pourquoi pas un cabinet italien, aux tiroirs multiples, richement décorés ou bien cachés, avec en son centre un espace décoratif, la Place Pinel ?

  • 2.

    le mardi 5 décembre 2006, à 07:55, ELTdG [TypeKey Profile Page] écrivait :

    Ou pourquoi pas un cabinet italien, aux tiroirs multiples, richement décorés ou bien cachés, avec en son centre un espace décoratif, la Place Pinel ?

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