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« Fondants fondements »

jeudi, 11 janvier 2007

Fondants fondements

Qu'on fonde !

Cri de beaucoup.

Ils veulent fonder.

Fonder les ronge. Sans fondement pas de valeurs ! Et sans valeurs fondées, quoi ! Où va le monde ? Ils s'interrogent. Ils ne dansent pas. Ils font des trous en espérant ne jamais passer de l'autre côté. Parfois ils trouvent du Dieu. Cela les rassure, comme une poutre, ou un caillou. Ca fonde. Mais Dieu branle, ne suffit pas, alors somme toute, ils préfèrent la terre.

La terre ne ment pas.

C'est d'évidence : la terre a bon dos. Rien ne vaut ce plancher des vaches.

Ils fondent ainsi l'Etat, la famille, la littérature, le cul, et même le ciel, tout, pieds sur terre, comme une maison avec des fondations bien enfoncées.

Déjà l'Homme à la chaise, le magnifique Giscard, en 1981, voulait construire le deuxième étage de la maison, dont il avait bâti le premier lors de son premier septennat. Une maison bien fondée dans la terre.

Quittant son mandat, il montra à tous, dans un geste génial, une chaise, une chaise vide, l'emplacement de son cul manquant où rien n'avait lieu que ce fondement. Aurevoir dit-il en montrant la chaise, le sol, la terre.

Or la terre hors sol tourne au vide. La terre vole. Rien ne la fonde. La terre n'a pas pied. La terre n'a pas les pieds sur terre.

Ciel, la terre y est. Et la chaise dedans.

Quelle terreur : la métaphore foire ! Qu'on fonde, gueulent pourtant tant.

Et voilà que langue bouillonne. Car qu'on fonde confond fonde et fonde dans cette étrange langue frondière, où le ciel multiplie le monde, comme il advient chez Lucrèce.

Et sous la terre, faux fondement, génialement fécondants, Pluton et la matière fondent.

Les fondateurs, quand ils y songent, ont le fondement qui escappe. Rabelais en disait grand chiée de phrases en Gargantua et autres ragouts de tripes et d'esprit.

Le Kiosque de la place Pinel est véhicule à vide, comparable à l'icosaèdre par lequel Dyrcona, chez Cyrano de Bergerac, s'élève de Toulouse au soleil.

Quand la pine élégante élève, elle est délire hors sol, oeil seul soleil.

Astrée voyage au vif sans morsure ni sol sûr.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Fondants fondements 23:30 dans L'Astrée

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