« Jean Monod »
mardi, 13 février 2007
Jean Monod
Le poème est instantané. Jean Monod apparaît. Sa parole scintille, puis il disparaît dans la retraite des montagnes. Les faux apôtres fuient. Les petits marquis de la poésie crachent en l'air. Mais un poète est une bonne médecine. Il énonce un trou immense par où respirer. Il ouvre feu vers le présent.
Jean Monod se constate. On l'entend. On s'étonne. On mâchonne longuement sa parole quand il est parti. On se remémore ses rencontres auprès d'un puits, sa parole dans l'arbre, les échanges au bord d'un ravin, ou dans la nuit à propos des pierres et de la musique. Jean Monod porte le temps des pierres. Il pense. Il affronte longuement les labeurs. Son poème s'accouche au présent du vieux ventre.
Jean Monod a traversé l'ethnologie, l'Amazone, des écritures, les âges de la voix, les amitiés profondes et furieuses. Ses livres sont mis au secret. Les cochons littéraires ont dérobé la clef de leurs chemins, puis les tiennent au noir, avec les rats de quarantaine, car ils appartiennent peut-être au dernier carrré des gardiens du réel.
Jean Monod dialogue avec les rêves, les sangliers et les constellations. Il va cueillir au souffle le poème. C'est un errant fixe, une douleur attentive, un visage traversé de visages. Il porte à vif un drame. Il offre une beauté que nous attendons, que nous guettons, dont l'espérance et l'inquiétude se font rares. Entre les hommes et lui, comme avec les animaux, la chasse est permanente car il est la santé d'Orphée. Son portrait est impossible.
Camille Amadeus Colombetto |
16:08 dans
Jean Monod
, Littérature
, Portraits
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