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« Un Repas-débat »

vendredi, 27 avril 2007

Un Repas-débat

A la salle des professeurs du Lycée Pierre de Fermat, logiquement, on tirait bien la gueule. C'est le paradis. Que faire d'autre ?

Quand je suis parvenu en enfer, c'est-à -dire à la Station Reynerie, au Mirail, un marché s'étalait. Des femmes rigolaient. Des types distribuaient des tracts. Ségolène, Ségolène, balançaient des bouches tandis que des mains palpaient des carottes. Pas moyen de ne pas parler. Ca parlait partout.

Moi, j'étais là, pour parler ausi, et du Marathon des mots, à la maison des Chômeurs, TO7, que préside mon ami, le pasteur Jean-Pierre Nizet.

Là, ca parlait aussi. Il y avait à parler. Un grand nigérien racontait son enfermement à Cornebarrieu, car sans papiers. Jean-Pierre présentait. Des algériens avaient des résistances à dire. De vieilles dames s'apprêtaient. Les têtes échangeaient des sourires. Paroles partout. Paroles et gestes. Les mains se touchent. Les bras s'attrapent. Les corps sont à l'aise. J'avais donc, moi, à introduire un Repas-débat sur le Marathon des mots.

Là ? Pourquoi pas ? Le Marathon de mots est une opération de comunication qui veut tout attraper. Faut bien, si on veut vivre en pensée, trouver des points extérieurs pour réfléchir.

Donc j'attaquais.

Un peu de poésie sonore. Des arguments. Quelques récits. Je tapais fort.

Débat. Questions. D'accord. Pas d'accord.

Que faire avec Le Marathon des mots ? Comment penser cet unanimisme culturel qui fait spectacle des vanités cupides ? Faut-il fuir ? Faut-il participer ? Qu'opposer ?

Je suggérais de dire : Non.

Oui. Non ? Oui au non. La tête se fend. Pas assez. Plus que non, Quoi ?

Il y avait là des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes, des chrétiens, des sans Dieu, des musulmans, des colorés, des moins colorés, toutes races de rires et de gravités.

Les plats circulèrent, les paroles s'échangèrent. On riait. On pensait. On espérait peser. On se rencontrait. On parlait vif sans Marathon dans l'active après-midi.

Jean-Pierre est parti pour un enterrement. Je suis parti pour enseigner la poésie. Albert (ou Robert ?) me parlait des jardins qu'il inventait, des poiriers qu'il voulait greffer dans la ville, de la place Pinel, des radis. Nos pas et nos paroles font l'infini.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Un Repas-débat 21:53 dans L'époque

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