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« Le vélo volé de Vercellotti »

samedi, 19 mai 2007

Le vélo volé de Vercellotti

Il faut d'abord poser ce fait : devant le salon des Artistes méridionaux, à Toulouse, on a volé le vélo du peintre Philippe Vercellotti.

Je tiens l'information de Bernard Ryon, président de la Société des Artistes méridionaux, personne de sens.

Il l'a confirmée en présence de Champignon et des Yeux de Martien, personnes de sens, qui m'ont rejoint.

Selon lui, le vol s'est produit pendant que Philippe Vercellotti gardait ses tableaux dans le Salon.

C'est en retournant vers son vélo, que l'artiste a constaté la disparition.

Se retournant alors vers Ryon, il lui en a fait part.

Ryon, plus tard, m'a transmis la nouvelle, à moi papillon, retournant dès lors mon attention vers Philippe Vercellotti, le passé, la disparition du vélo, le vélo. Et maintenant, écrivant pour l'Astrée, je me retourne vers les paroles de Ryon, l'écoute de Champignon, des Yeux de Martien, la mienne.

Sur le moment, j'ai dit à Bernard Ryon qu'il était regrettable que le voleur n'ait pas volé, non le vélo de Vercellotti, mais un de ses tableaux. Tout voleur de tableaux travaille à l'envol du peintre. Quelques articles, une émission, répandant le bruit du vol, auraient accru les prix et le nom du volé, qui aurait dû, au dernier acte finalement, peindre en gloire son voleur.

Beau retournement.

Le voleur apparemment a préféré le vélo au tableau du Salon, tableau de valeur pourtant : il représente une grosse vieille moto, dans un paysage, dans lequel se tient le reste ou le projet d'un Déjeuner sur l'herbe, le tout peint sur une toile, peinte sur des planches, visible par échappées, et elles-mêmes peintes sur du bois, le tout tenant par un clou, lui-même peint, et faisant retour et titre : le clou du déjeuner sur l'herbe, ce qui fait retourner au tableau de Manet. A ce clou, logiquement, illogiquement, tout tourne. Hic manet ! Voire manette...

Doit-on conclure que le voleur a préféré lucidement un vélo, plus ou moins neuf, à la peinture d'une vieille moto peinte ? On n'en sait rien. S'il avait su, peut-être, la valeur de l'oeuvre, le voleur, eût volé, non le visible vélo, mais l'invisible visiblement tableau. En somme, volant le vélo, il se serait volé. Mais qui sait ? Peut-être le voulait-il, ce vélo là, le seul. On ignore les raisons du voleur, qui n'apparaît pas, ne s'explique pas, n'apparaît qu'en la disparition que constitue le vol. On l'imagine.

Tel est l'objet d'amour, quand, lové, se retournant vers une absence qu'on habite, on s'en exprime.

Le voleur, comme l'objet d'amour, on ne le voit pas. On y rêve. On dépense sa figure volant haut la main le vélo.

Il est possible que le voleur eût préféré l'oeuvre. Qui sait ? Qui sait le voleur ? Qui nous sait ?

Autre soupçon : il est possible que le vélo ait, de lui-même, filé se lover en Vercellotti. Ne le décèle-ton pas en son nom, quand on y tourne lettres ? Vercellotti dit, en tous sens, vélo volé..

Ecrivons : LC TITRE VELO. Réécrivons : Elle sait titre vélo.

Vélo titre au nom, c'est elle, la langue, pas au chat, qui le sait.

Donc, c'est vers son nom, fort bien loti, que vélo file. Et qu'il en sort.

Pourquoi, dès lors, supposer un voleur ?

La question en est aux tableaux. S'il est vrai qu'un Vercellotti est un tableau de ce peintre, considérons, l'un d'entre eux, avec vélo, que l'Astrée, ces jours derniers, comme par hasard, publia.

Voilà le vélo en Vercellotti, peint, donc là, car hic fuit. On tient la sorcière à sens.

Le tableau n'est-il pas voleur, car miroir, source sorcière ?

A moins que le voleur ne soit né du tableau. Donc nous. Le tableau serait donc mère, ou père, vers qui nous irions voir d'où nous sommes. Merveilleux pervers.

Bernard Ryon trouva prétexte au vol pour parler, moi composer, chacun fécondé des oeuvres du tableau.

Où est le voleur ? Retournons nous. Il est là en Vercellotti, lové. Il n'y est pas. Il file hypocrite ailleurs, sous moto, motus et couches tissues d'épaisseurs... Quel vol en double sens, comme aux deux roues, fait que se lève, par lèvre ou lièvres, au coeur le charme d'aventures !

Or, qui vole, sinon le tableau, le voleur, dont on présume ?

A tant se retourner s'élabore le temps du vivre. La trame vibre et noue en chose disparue qui fait paraître son voleur, personne invisible de sens, la toile, l'herbe, la moto, ma mémoire, les personnes, la langue, le vélo lové, et, au trou vertigineux, le clou.

Repos.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Le vélo volé de Vercellotti 16:51 dans De pictura

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