« Permanence de Jean-Luc Moudenc »
dimanche, 13 janvier 2008
Permanence de Jean-Luc Moudenc
En ce temps où tout passe, va, fuit, s'évapore, se relooke et se déboutonne, il est rassurant de constater la Permanence de Jean-Luc Moudenc. Durablement, je suis resté devant elle.
J'ai tenté de me mettre à sa hauteur.
Il faisait froid. La foule passait. C'était le soir. J'avais faim. L'humidité gagnait en moi, mais les tremblements de ma carcasse n'ont pu me vaincre.
Durablement, j'ai tenu. Je ne voulais pas m'en aller de bonne heure. Les femmes, les chocolats, la lecture des Motions de l'Association des professeurs de Lettres, rien ne pouvait me tenter.
Les signes étaient dressés devant moi, comme des pierres, sur la vitre de la porte close. Je les déchiffrais, Je les admirais. Jamais je n'aurais cru rencontrer cette permanence.
Permanence et Jean-Luc Moudenc, comme ces noms vont bien ensemble ! Qu'on les rumine l'un par l'autre. Qu'on les savoure. Qu'on en bave ! J'aime le son du mou venant au denc depuis ce per qui se prolonge en mane, en âme, en sang et en encens. O lyrique musique des mots !
Champignon, et moi, lorsque nous marchions ensemble sur les plateaux de Saint Antonin, et que nous méditions l'effroyable défaite de Jean-Luc devant Catherine Lemorton, nous nous laissions aller à notre mélancolie. Nous avions presque perdu la foi.
Surtout, lorsque Jean Luc Moudenc, jeté dans une piscine trop peu profonde par des footballeurs, parut partout, admirablement, pour gagner des voix, avec ce pied blessé, et que cet acte échoua, nous n'osions plus rêver de cette permanence. Jean-Luc Moudenc nous paraissait, comme tout un chacun, comme les roses, et comme les rêves, pris aux mécaniques du temps, à l'érosion et à la mort. Nous tremblions qu'il ne fût pareil à chacun d'entre nous, sans cesse, et pour nos péchés, un has been. De l'affirmation selon laquelle on se baigne et l'on ne se baigne pas deux fois dans le même Jean-Luc Moudenc, nous retenions surtout le second terme. Nous avions l'effroi de ne plus jamais reconnaître le Jean-Luc Moudenc qu'il nous faut.
Bien sûr, à l'automne, nous avons espéré une renaissance quand nous avons vu se multiplier, dans une rue de Toulouse, les cubes rouges et les arbres en pot. Nous avons senti là la promesse de socles et de monuments pour la gloire de Jean-Luc Moudenc, mais les cubes, jusqu'à ce jour, sont restés vides de statues.
Ce malheureux temps n'est plus. Tout a changé de face !
Enfin la Permanence vint.
Dans le froid, dans la nuit, dans décembre, parmi la foule rapide, j'ai pu admirer cette inscription : PERMANENCE DE JEAN LUC MOUDENC. Je l'ai photographiée. J'en diffuse, par l'Astrée, l'image pour les déshérités qui n'en connaîtraient pas la bonne nouvelle. Que l'humanité du moins sache que la Chute, la mort, et la catastrophe ont trouvé leur point de résistance.
Elles ne passeront pas.
Les jours s'en vont. Jean-Luc Moudenc demeure.
Yves Le Pestipon |
9:55 dans
Jean-Luc Moudenc
, L'époque
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