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« La mort de Petit Pont »

dimanche, 16 mars 2008

La mort de Petit Pont

Ecoutant vaguement France-Culture tandis que je skypais avec Marie de Marcillac, je perçus que Petit Pont était mort.

On lui rendait un hommage national.

C'était tout à l'heure. Nous skypions à propos d'un voyage au Gabon.

Je m'appelle Yves Le Pestipon.

On rendrait un hommage national à Petit Pont. Je prêtais mieux l'oreille, tout en skypant. C'était Lazare Ponticelli : petit pont.

Je n'avais pas songé que le dernier poilu s'appelait Petit Pont.

Et à bon entendeur salut : Lazare.

J'aime les poilus.

Souvent, je me suis rêvé faisant la guerre de 14. La terre profonde m'est agréable. La boue me plaît. L'absurdité me convient. Les trous du chemin des Dames m'émeuvent, Je crois que j'aurais trouvé beaucoup de fossiles dans les tranchées, Cette guerre m'a toujours enchanté.

Je suis bien français.

Il est heureux que le dernier poilu s'appelle Lazare. Quel Christ passant par là, va le ressusciter. Aura-t-il sa Marthe ? Lazare n'a pas voulu du Panthéon. Je me demande si je ne vais pas mettre, la nuit prochaine, une bougie pour Lazare, dans le Kiosque de la place Pinel. Sa résurrection serait belle dessus le parapluie renversé.

Petit pont s'écoute bien au retour de Rome.

Il y a le Pontifex et le petit pont. Le petit pont est un menu Pape.

Une dame dit que je suis le chevalier de la place Pinel. J'en suis plutôt le petit Pape.

La place Pinel a-t-elle besoin d'un pont ? Grande question ! Le petit pont est discret, modeste, mais il relie, parfois, de vastes territoires. Le pont de l'Isoul, à Montolieu, est presque invisible dans les feuilles, au fond des gorges, mais combien de bêtes, d'hommes et de choses l'ont franchi depuis le XII ème siècle ?

Et que de rêves !

Lazare Ponticelli, ce petit pont italien, raccorde, en mourant dernier, le vaste pays des poilus vivants à l'infini sans poilus. C'est par lui que je passe aujourd'hui du monde des vifs aux morts.

Et son nom par l'oreille fait passage vers moi.

Et moi, je fais passage.

Tel Giscard composant son roman.

Peu importe que je ne sois pas vraiment, de par le nom, un petit pont. On a tellement joué sur cette fausse évidence, que je m'y accorde. Il faut toujours s'accorder, non se soumettre, aux mythes que l'on dit de soi. C'est un travail d'évidence. Donnons grâce à nos biographes.

Vive la métaphore !

Le poème est oeuvre de petit pont. Parfois, on le remarque à peine. On n'en fait pas un monument. C'est un pont Mirabeau sans grandeur. On l'emprunte. Il fait passage. On s'y accorde. Il offre des résurrections : Les jours s'en vont Je demeure.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : La mort de Petit Pont 11:24 dans

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