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« Le t manquant de catleya II »

mardi, 8 avril 2008

Le t manquant de catleya II

Bien mieux que Cattleya, Catleya montre Cat.

Cat est là.

Le petit chat n'est pas mort !

Eh, y a là chat, ou même chatte...

D'un petit t en moins, et non botté sans doute, le chat sort du nom de la belle orchidée jaune qu'Odette se fait mettre par Swann en bonne place. Le retrait d'une lettre fait bondir le félin. Avec les amoureux fervents et les amants austères, nous voici, chez Manet, transportés.

Olympia est nue. Une négresse tient au dessus de son corps un gros bouquet de fleurs, image claire, trouble, et démultipliée, de son sexe. A droite un chat noir se hérisse. L'Olympien, qu'il soit Cygne, nuage ou pluie d'or, est absent.

Odette est habillée complétement, malgré l'encoche où s'enfonce par Swann la fleur précieuse. Odette n'a pas de négresse qui montre son bouquet de sexes, mais Swann, dans la voiture, dans la nuit, porte sur elle, en elle, des orchidées déplacées qui sont plus troubles que le bouquet. Et le chat est au catleya.

Histoires d'O. Ca tourne.

Ce qui est diaboliquement visible, car invisible, chez Manet - le sexe de la femme - devient illisible, et du coup particulièrement lisible, chez Proust. Le visible est invisible. L'illisible est lisible. Les métaphores font tourner, non seulement la tête, mais la parole, ou le silence. On ne voit, on ne lit que par déplacements.

L'épisode du catleya est un tableau retourné. Le texte du romancier retourne l'image du peintre, qui retourne aussi, avec le romancier, par déplacement de Titien, tant de boîtes noires à désirables femmes nues.

Au spectateur extérieur à l'oeuvre qui voyait, silencieux, sans les pénétrer, le corps étal d'Olympia, les fleurs de la négresse et le chat noir hérissé, se substitue Swann, qui s'agite à l'intérieur de l'oeuvre, parle, tente d'installer la fleur qui est un chat et un testicule. Le lecteur n'est pas Swann, et il n'est pas le spectateur du tableau. Il est invité à sourire, à douter, à se sentir embarqué. Il n'en peu mais. Ca lui plaît, sans doute, mais il ne peut dire la vérité. Quelle vérité ? Telle est la question. Il est comme Odette, surpris qu'on fasse avec lui tant de façons, et comme Olympia, qui considère qu'on la considère parmi le chat occupé de son hystérie et son bouquet clair obscène.

Le trou par t manquant, en produisant, à l'anglaise, le chat, fait jouer les arts et rend le lecteur lisible à lui-même : tête à queue.

Ce n'est pas tout.

A suivre

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Le <i>t</i> manquant de catleya II 20:43 dans Littérature

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