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« Trois pasteurs place Pinel »

vendredi, 2 mai 2008

Trois pasteurs place Pinel

La place Marius Pinel s'honore d'avoir reçu trois pasteurs au soir du premier mai.

La ville de Toulouse accueille, en effet, en ces premiers jours du mois de Marie, le synode national de l'Eglise Réformée de France.

Il importait qu'après les longs débats d'une heureuse journée quelques hommes de Dieu portassent la joie théologique dans le Kiosque.

La place Pinel était en paix quand nous l'avons abordée.

Pas un chien dans l'Espace canin. Aucune troupe de jeunes gens en mobylette. Nul trafiquant de susbstances suspectes. La beauté de la nuit nous enchanta.

Comme un couple s'entretenait sur l'escalier du Kiosque, nous sommes entrés dans l'aire sonore intime en franchissant la grille de fer forgé. Notre irruption effraya.

La jeune fille, qui portait un voile, se leva brusquement, entraînant avec elle, mais à distance, son prétendant. Nous les vîmes s'avancer vers l'aire de jeux, parcourir les allées de gravier, disparaître sans se dire un mot.

Sans doute l'apparition, vers minuit, de quatre individus, dont le premier portait une mitre rouge, le second des cornes clignotantes, le troisième des antennes également clignotantes, et le quatrième un bonnet suspect, au demeurant trouvé dans les poubelles quelques jours plus tôt, était-elle inquiétante. On peut aussi imaginer que la jeune fille, dont la vertu était attaquée, utilisa notre arrivée comme un providentiel préservatif. Trois pasteurs et un professeur de khâgne classique ne sont jamais de trop pour appuyer les faibles défenses du sexe !

Le Kiosque, en tout cas, était à nous.

De la musique avant toute chose...

Voix, cordes et tambourins peuplèrent le vide sonore. Les pasteurs se révélèrent musiciens. Leurs corps dansèrent. Le nom de Marius Pinel fut ardemment invoqué.

Ensuite, commença la lente visite de la Place.

Messieurs les Pasteurs se montrèrent intéressés par le dessous du Kiosque et l'apparition, parmi maints débris de textes, d'un parapluie renversé. L'observation de ces photos, obtenues par introduction d'appareils dans les profondeurs interdites, donna lieu à de judicieux commentaires qui témoignent de l'activité toujours renouvelée, quand il s'agit d'inventivité lectoriale, des membres de l'Eglise réformée. Ainsi, une nouvelle fois, la leçon de Luther porta fruits.

L'Aire de jeux des enfants enthousiasma. L'un des pasteurs fit observer que le toboggan pouvait s'interpréter comme un confessionnal d'altitude. Cette hypothèse mérite considération.

L'Espace canin, toujours vide de chiens, permit une triple action stylite : sur trois colonnes à pisser, trois hommes, pareils à Saint Siméon dans le désert syrien, se juchèrent et attendirent. Les pasteurs furent à la hauteur.

Parcourir le boulodrome, découvrir les terres du PPC, accéder à la lecture des diverses inscriptions laissées en maints lieux de la place, compter les arbres et les bancs, entrer dans la numérologie pinélienne furent autant de plaisirs partagés avant la fouille des poubelles.

On se doute qu'elles ne déçurent pas.

L'activité de l'âme cultivée, quand elle se mêle à l'espérance dans le corps, multiplie l'homme et réjouit Dieu.

La rencontre entre la place Marius Pinel et des pasteurs du Synode national de Toulouse, en ce début de mois de Mai, est doublement historique : elle marque une inflexion poétique (fort attendue) dans l'Histoire de la Réforme et elle illumine de foi nouvelle le vieux socialisme de Pinel et de Montariol. Elle est un acte de joie théologique et physique. C'est une protestation soupapale d'idiotie méditée contre l'idolâtrie.

Mais comment taire que la plus belle découverte de la soirée fut ce message, lu près d'une antenne tordue alors que nous allions chercher de la terre pour de futures pinélisations : Construisons un U !

Lu, et musicalement entendu par l'Ut de la note et du souhait, ce U paraît le U manquant, malgré Marius, à Pinel, et présent à Luther, le U du luth, dont a donné signe un des pasteurs musiciens, et qui montre Luther, comme lutteur lecteur de terre, et d'acte liant le lu au taire, ce qui est utile au dernier point.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Trois pasteurs place Pinel 20:36 dans Place Pinel

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