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« Deux miracles de Giscard I »

samedi, 12 juillet 2008

Deux miracles de Giscard I

Lire Le Passage est l'oeuvre de maintes vies. Encore faut-il savoir que rien n'épuise ce texte. Il multiplie quand on se le passe.

Lors des Rencontres des Bouches ou d'autres activités cardinales, nous nous passons Le Passage, et nous le lisons. Chacun, à tour de rôle, lit une page, puis passe le roman à un autre, qui le passe à un autre... Les voix de femmes succèdent aux voix d'hommes... Les voix anciennes répondent aux voix jeunes. Les graves alternent avec les pointues. Tous les accents sont reçus. On aime la diversité des tons, des bouches, et des regards. Le Passage tient à tout. Ses 232 pages suscitent immanquablement échange d'âmes et de plaisirs. L'étonnement prend. Les questions fusent. Les interprétations multiplient. Hermès s'accorde avec Momus pour délier le gorges :

Amour, tais toi, mais prends ton arc ;

Car ma biche belle et sauvage,

Soir et matin, sortant du parc,

Passe toujours par ce passage.

Souvenons nous de l'extrême fin du livre.

Son auteur inscrit deux fois ces vers de Vauquelin de la Fresnaye aux deux dernières pages. Le commentaire du dispositif et des vers serait infini... Considérons seulement comment Giscard, où l'arc git pour qui sait se taire, métamorphose sa prose en poème, c'est-à-dire en écrit d'actes, dont l'efficace s'étoile en miracles.

Dans la nuit du 5 juillet 2008, à Fougax-et-Barrineuf, lors de la Rencontre des Bouches, dans la maison sise en face du Fougax, au numéro 24, précisément, nous avons lu Le Passage.

Nous étions une vingtaine dans la pièce.

Le Passage est passé de main en main et de bouche en bouche, allant bibliquement, comme tout grand livre, de Moïse à Moïse en traversant Marie.

Chacun a jugé excellentes les lectures qu'en firent Moïse et Marie.

Chacun a admiré, mais chacun aussi a lu avec détermination. Puis, nous nous sommes endormis.

Nous avons su nous taire.

Il faut savoir que Sébastien Lespinasse et moi avions imaginé inviter Giscard à la Rencontre de Bouches. Ne sommes-nous pas les seuls, sans doute au monde, à pratiquer régulièrement Le Passage ? Pas une Université ne lui a consacré un colloque. Aucune lecture publique dans aucune des salles subventionnées de France, pourtant nombreuses... Pas de festival du Passage. Pas de banquet. Pas d'édition critique. La Douce perspective elle-même, l'oeuvre de Denis Favennec, sur Amazon, dépasse régulièrement le roman de Giscard.

Qui, sinon nous, pouvions inviter dignement cet auteur ?

Nous y avons songé. Nous ne l'avons pas fait.

Paresse ? Lassitude ? Découragement devant l'ordre chaotique du monde.

Parfois nous ne croyons pas à nos désirs.

Attentifs à nos rêves, cependant, après avoir lu le Passage, nous avons dormi.

Le matin, Alain Moulis est allé chercher quelques nourritures et la Dépêche du Midi. Nous avons pris le café. Alain Moulis lisait la Dépêche dans la pièce même, face au Fougax, où nous avions lu le Passage.

Soudain, il poussa un petit cri.

Il faut savoir qu'Alain Moulis est un homme remarquable d'attention, de générosité et de précision. Il travaille au bureau Veritas.

Aussi, quand il nous passa la Dépêche du Midi, en évoquant Giscard, nous avons senti la puissante annonce d'un événement.

For the first time in the World, in Fougaxi praesentia, Veritas vérifiait un miracle !

Giscard occupait une page entière de la Dépêche, en ce matin du dimanche 6 Juillet, journée centrale de la Rencontre des bouches.

Giscard était en photo. Giscard parlait. Giscard était présent avec son château d'Estaing.

Nous n'avions pas invité Giscard à Fougax-et-Barrineuf, mais Giscard se manifestait. Nous n'avions pas le corps, mais nous avions l'image. Nous n'avions pas la voix, mais nous avions le texte. Giscard passait parmi nous de main en main, comme un signe, comme une preuve, comme une relique, et cela se passait, non dans temps très anciens, mais en juillet 2008, à Fougax-et-Barrineuf.

L'article était extraordinaire.

Il nous informait que Giscard restaurait le château d'Estaing, acheté récemment par lui et y préparait un Musée de son Septennat, où nous pouvions espérer voir, parmi d'autres pièces, la fameuse chaise, par laquelle fut impulsé l'art contemporain.

On lisait cette admirable phrase : Valéry Giscard d'Estaing avait la particule. Il a le château.

Surtout nous apprenions que Giscard, ce dimanche même, se mêlait à la foule, pour assister parmi elle à l'ostension des reliques de saint Fleuret. Il ne dédaigne pas de se mêler au défilé costumé, et prend même « plaisir, selon le maire d'Estaing Jean Pradalier, à rencontrer la population". .

Quelle merveille ! Gloire à Saint Fleuret.

Giscard, prévenu par les bouches d'ombre, nous faisait savoir, en apparaissant, dans la Dépêche du midi, qu'il ne pouvait se rendre à Fougax-et-Barrineuf pour cause de piétié et d'obligations aristocratiques. Il était aux reliques, mais il nous rencontrait par les bouches de l'invisible. Il passait à nous par la Dépêche.

C'était un miracle, le premier des miracles de Giscard, suscité par passage et repassage du Passage. Il conjugait le rite et la mystique.

Le second miracle - qui se produisit le même jour, et qui fut également vérifié par Veritas, est encore plus étonnant. Les deux miracles se cumulent. Il faut canoniser Giscard.

A suivre...

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Deux miracles de Giscard I 17:10 dans Coïncidences , Giscard

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