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« L'immortalité de Giscard »

vendredi, 26 septembre 2008

L'immortalité de Giscard

Supposons l'immortalité de Giscard.

Les années passeront. Giscard ne passera pas.

Giscard survivra à Chirac : quelle joie pour Giscard !

On imagine.

Un immortel, d'abord, cela ne se remarque pas, puis cela se remarque. Un étonnement se crée. Eventuellement un enthousiasme. Puis un malaise. Enfin une rage.

C'est du moins ce qu'on suppose, car nul ne vit jamais d'immortel. Giscard serait le premier.

Pourquoi lui ?

Pourquoi pas ?

Il a des titres. Comment serait-il impossible que ne mourût pas l'auteur du Passage ?

Giscard est un bon candidat pour la non mort. Supposons sa victoire. Supposons le tenant imperturbablement la barre.

En 2026, on célébrera son centenaire. Giscard rejoindra Antoine Pinay dans l'écurie, peu fournie, des hommes politiques français dépassant le siècle.

Quand il battra Pinay, en 2030, de nombreux écrans feront son portrait. On admirera la Mémoire du siècle. Il sera un géant. On rappelera qu'il a connu le général de Gaulle, Claude François, et Brejnev. On relira le Passage. On le traduira en chinois.

Certains imagineront, d'abord, prudemment, puis fermement, son retour.

Comme l'histoire sera, selon l'habitude, catastrophique, Giscard sauvera. Il sera élu aux présidentielles de 2057. Il entamera son nouveau mandat dans l'enthousiasme. Il aura dit : Il faut un président à la France. Cela aura suffi. Son mandat sera remarquable par la multiplication, partout, sur le territoire, des musées Giscard. Giscard inaugurera ses propres boulevards. Toutes les rues Mitterand seront débaptisées. On tranformera la tombe de Chirac en espace canin.

Giscard sera rapidement méprisé. On le chassera du pouvoir en 2062, et il dira, sur une chaise neuve, au revoir.

Cette fois, on aura peur

.

On aura chassé Giscard, mais il aura dit au revoir, les yeux dans les yeux de la France. Dans sa chaise, sur les écrans hyper tactiles, tant la technologie aura progressé, les gens croiront s'asseoir. Ils auront l'impression d'enfoncer leurs fesses dans la chaise de Giscard. Ils pourront la sentir les palper, et Giscard, tranquillement, aura dit au revoir.

Certains tenteront de le tuer. On ressuscitera le mollah Omar. On invoquera les mânes de Carlos, de Bader, et de Ravailhac. Giscard proposera une constitution pour la galaxie.

On le haïra encore davantage. Au revoir répondra-t-il. Au revoir.

Mais il ne saura rien. Il ne saura pas lui-même qu'il est immortel. Les jours passeront. Il ne passera pas. Ce sera un éternal Passage.

L'humanité n'aura jamais ses ossements. On le verra, au mois de juillet, dans l'Aveyron, jusqu'à la fin des temps, participer à l'ostension des reliques de Saint Fleuret.

Souffrira-t-il ? Ne souffrira-t-il pas ? Giscard ne connaîtra pas le martyre.

Le monde, apparemment, a toutes sortes de raisons pour être abominable. N'importe qui peut être immortel. Il se pourrait bien que tout soit vrai.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : L'immortalité de Giscard 18:15 dans Giscard , L'époque

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