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« Humanités et arts »

mercredi, 26 novembre 2008

Humanités et arts

Il s'annonce, ici et là, qu'une série Humanités et arts succédera dans les Lycées à l'ancienne série littéraire. Une série Sciences, une série Sciences de l'homme, et une série Technologie existeront également.

Peu de changements quant aux termes de ces côtés là. Mais, du côté des littéraires, le mot lettres passe au gloup.

On met au tombeau la littérature.

C'est peut-être excellent : elle a tant souffert par les classes...

Mais, on s'étonne. On s'étonne.

Littérature est un mot moderne. L'invention de la chose est un trait remarquable des derniers siècles. Elle s'accorde à la multiplication des sujets aptes à goûter et à interpréter. Elle manifeste la possibilité d'infinis jeux de sens dans des créations d'hommes d'ici-bas. Elle invite à la méditation sur des paroles hors religions. Elle affirme, sans nier l'importance des sons, des formes et des images, que l'art des mots est le fait politique central.

Humanités vient peu en bouche des hommes d'aujourd'hui. Ce mot est mort, depuis longtemps, hors des écoles, d'où, sans doute, il est peu sorti. Nos chères humanités sont parfois adorées de professeurs de khâgnes, mais la notion, hors de leurs classes, n'a pas la moindre viande. Hugo, Madame de Staël, Voltaire, et même La Fontaine ne louaient pas les humanités. Quelques modernes nostagiques s'y emploient, mais pour Novarina, c'est la littérature qui rend le sol peu sûr.

Humanités ne fait pas crise et débat. Rien ne s'ébranle là.

C'est un beau mot ancien, d'équilibre stable, et à peu près sûr de soi. Littérature est vif, venimeux, instable, inutile et nécessaire, trouble, élitiste, presque immoral, discutable, discuté, et attirant. Il est toujours du côté du reste. Qu'en faire ? Voilà qui éveille. Humanités n'éveille personne.

Des individus, dont la méthode a déjà réduit la série littéraire, promettent de la relever par ce mot... Qu'ils aillent aux rues, aux bars, aux cours d'immeubles et d'écoles, aux salons, aux festivals, aux amphis, aux blogs, aux plages, aux librairies, aux médiathèques et au soleil ! Qu'ils lancent !

On imagine.

Humanités en promotion !

Humanités, qui n'est pas sans mérite, leur sert à gommer littérature. Ils la vomissent depuis si longtemps.

Il est vrai qu'elle est insupportable.

C'est du feu. C'est urticant. Ca ne supporte pas la méthode. C'est plein de corps en langue. Et, volontiers, c'est immoral.

Cachons ce malsain que l'on ne saurait voir dans l'armoire des humanités !

Comme on la sait peu sexy, l'armoire, et qu'on veut, pour y ruminer des racines, attirer du monde, on plaque arts juste à côté.

Cela plaira. Cela attirera. Cela comblera d'effectives lacunes. Cela satisfera des tendances. Chacun se veut artiste en notre monde. Comptons sur le narcissisme... Et les artistes, selon Koltés, sont exemptés...

Que sont ces arts ? L'art de la table ? L'art floral japonais ? L'art du cuisinier ?

Non. Non. On se limite : peinture, sculpture, musique, architecture, cinéma. Et pas les bandes dessinées. Et pas la danse ? Et pas le cirque ?

On se limite. Il faut des postes, pas trop de postes.

Le capital est d'éclipser, comme une vieille lune, entre les Arts et les Humanités, le centre trouble du moderne Occident. Une histoire neuve commence, ou très vieille : on clôt, l'air de rien, l'aventure à l'école d'une insupportable.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Humanités et arts 18:22 dans Etudes littéraires , L'époque

1 commentaire est apparu (en écrire un autre ?)

  • 1.

    le mercredi 26 novembre 2008, à 19:56, Candie [TypeKey Profile Page] écrivait :

    On a du mal à y croire ... Et pourtant !

    Arts, ça va bien, ça fait pantalon vert pomme, joints faciles devant le lycée, alternatif qui roule en 4X4 ...
    Humanités, ça plaira aux "enseignants académiques" comme nous aimons à les appeler, pas les brillants non, les "compétents".
    Les deux parties ont leur compte.
    Les Sciences de l'Homme devraient attirer les filles. Donc, moins de filles dans l'ancienne série littéraire. Plus de corps féminins naissants ou pour de bon éclos pour les professeurs des autres séries.
    Certains vieux assis espèrent pouvoir faire leur Christian Prigent.
    Et dans tout cela, surtout, ne pas mettre de sciences économiques et sociales, les gens pourraient comprendre ...
    "Ignorance is bliss"

    Finalement, de quoi se plaint-on ... ?

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