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« L'Homme et son image 1 »

lundi, 3 novembre 2008

L'Homme et son image 1

L'Homme et son Image est la onzième fable du premier Livre, qui en comporte vingt-deux.

Ce livre propose son centre entre les derniers mots du dernier vers de cette fable ( le Livre des Maximes), et le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues.

Quelque chose s'achève, quelque chose commence. Quelque chose peut-être se retourne.

Il n'est pas étonnant, que des Dragons surgissent, par le discours d'un Envoyé du grand Seigneur, à la suite du livre des Maximes. Leur passage après l'image, à bien y réfléchir, ne surprend pas non plus. Si le silence de la raison, enfante, parfois les monstres, les images montrent efficacement le monstrueux, dont on se fâche. Quant au livre de La Rochefoucauld, il fait paraître, en tout petits textes, de très grandes choses, et qui effraient.

D'une fable l'autre, le passage s'opère.

Le centre palpite entre image et Dragons.

Là est le mot livre, juste au milieu du premier Livre.

Le Livre indique le livre.

Il se livre comme livre en cette indication. Donc à lire en livre, selon lecture qui fait voir l'indication. Ce qui ne signifie pas dans un seul sens, car, autour du centre, s'opère un retournement. Le sens procède des sens.

Le Livre des Maximes est inscrit à égale distance des fables extrêmes : La Cigale et la Fourmi, le Chêne et le Roseau. Onze fables d'un côté. Onze fables de l'autre. C'est à lire dans un sens, dans l'autre et ensemble, comme un polyptyque, ce qui suppose sans doute d'avoir, mais bien placé, comme certain Dragon, du pluriel au corps.

Bel hommage.

Hommage des Fables aux Maximes.

Les Fables sont-elles des Maximes, cependant ? Telle est une des questions.

Elles en sont, par cette fable onze, l'image. Mais l'image n'est pas la chose. Et cet écart fait effet : l'image de l'image avec la chose. Cette image seconde, effet de pensée, fait à son tour penser, donc lire par retour.

Le Livre des Maximes a pour image le canal, formé par une source pure. Par position, il est image du premier Livre. Le canal le montre. Il montre les Fables. Mais le canal n'est pas le livre des Maximes; Le livre des Maximes n'est pas les Fables.

Le canal n'est pas le courant d'une onde pure, et il n'est pas non plus les Royaumes du vent, sur les humides bords desquels se tient le Roseau. Pour le Dictionnaire de l'Académie de 1690, le mot canal se dit De certaines pièces d'eau estroites & longues qui servent d'ornement aux jardins Le canal, oeuvre des hommes est aux jardins. Il n'est pas infiniment ouvert. Il n'est pas essentiellement mobile.

La Fontaine propose une image composite.

Ce canal formé par une source pure procède d'une nature. Il porte en lui le mouvement neuf de la source. Il est aussi moment d'arrêt, tel qu'on peut tout voir de lui d'un point de vue, et il est beau. Quelle perfection ! Quelle résolution paradisiaque des contraires !

La pureté mobile se fait beau miroir un moment. La nature propose un objet qui a tout l'air d'être de l'art. Voilà les Maximes.

Quant aux Fables, elles se traduisent, selon la Fontaine, en langage des dieux, aux bords d'une onde pure. Le mouvement et le pluriel leur sont essentiels. Mouvement et pluriel des récits. Mouvement et pluriel de récit en récit. Mouvement et pluriel des traductions. Le tout avec suspensions, métamorphoses, détours, retours, plis du cristal vagabond. Ces fictions, qui procèdent d'inventions, qu'il faut orner diversement, sont en vers et elles sont des mensonges alors même que le mensonge et les vers de tout temps sont amis. Elles ne sont pas ce qu'elles semblent être. Elles sont images d'images à l'infini.

Les Maximes sont directes, concentrées, fixes. Leur esthétique est de beauté, non de grâce. Quand l'Homme s'aventure aux lieux les plus cachés qu'on peut imaginer, il ne peut éviter leur piège. Il ne le quitte qu'avec peine.

Mais les Fables imaginent, vont au public, et leur mouvement vers le livre des Maximes n'est pas celui de l'Homme qui s'aimait sans avoir de rivaux Elles ne fuient pas leur image. Elles la recherchent. Elles placent, au centre de leur premier Livre, dans un lieu pas du tout écarté, le Livre des Maximes.

Les Fables en leur Livre inscrivent leur réflexion par emploi libre d'un autre livre.

Elles imaginent. Elles jouent de leur image.

Pour le lecteur qui est homme. Par l'Homme qui est lecteur.

A suivre.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : L'Homme et son image 1 8:41 dans La Fontaine

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