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« Lire l'Huile »

mardi, 25 novembre 2008

Lire l'Huile

Lire l'Huile faisait sa perte et sa résurgence.

Il repérait sa personne en toutes lettres, au premier mot, et il s'y engouffrait. Il aimait disparaître ainsi dans cette apparition comme une falaise. Il ne s'y heurtait pas. Il se sentait glissant aux profondeurs, chez lui.

L'huile le manifestait vers sa fin. Il s'y reconnaissait, mais combiné, comme des siamois, à sa métamorphose en objet. Il s'enchantait d'être accouplé sujet-objet, et de former ce monstre : ile.

Il se plaisait également à reconnaître avant ce mélange, qu'aucune hache ne pouvait briser, ce qu'il était quand on attribuait, par verbe, à sa personne. Il passait heureusement de lui à il puis à le. Cette combinaison l'enchantait : par quel coup de langue devenait-il elle ?

Il se perdait en considérations.

L'huile luisait pour lui d'une fraternité trouble. Elle était davantage que son enfant sa soeur. Elle se composait des trois frères qu'il était quand il se déclinait selon ses cas, et devenait, somme toute, d'un autre genre.

La perte est le lieu où la rivière disparaît en des trous, pour resurgir, éventuellement, plus loin..

Trouble délice d'être absorbé, sous les falaises, et de renaître fontaine, ou foux, comme il se dit au sud de la France...

L'huile était son projet par fonction. Dans les rouages de la langue, donc du monde, il se glissait, favorisant des mouvements. D'innombrables termes s'absorbaient en lui, si simple, si infime, et tout irisé de leurs soleils. Il pouvait rire de sa disparition, loin des yeux, parmi les vocables nourriciers et serrés.

Au ventre, il avait goûté l'état mêlé, quand rien n'était tranché encore. Cet emploi plié lui avait plu.

Il se désirait donc huile par retour, et par avancée. Il s'enfonçait dans la terre du texte. Il ne bénissait pas comme Rimbaud, en son bateau, les éveils maritines. Il s'enchantait aux réseaux subtils, ce huis-clos sans enfer, glissant comme un ciel, sous l'effet du vent, de la terre, et du vide. Leur lecture, comme l'exil, le conduisait à sa fontaine.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Lire l'Huile 18:47 dans Il

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