accueil présentation contact portfolio ultraprivé mail
L'Astrée L'Astrée événements présentation portfolio Guallino

« Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues 3 »

mardi, 2 décembre 2008

Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues 3

Troisième partie d'une lecture de cette Fable dans la perspective d'une lecture dans l'ordre du premier Livre des Fables.

Plusieurs années après avoir publié le Livre I, La Fontaine retrouve tête et queue. Cela paraît à la fin du Livre VII, dans La Tête et la queue du Serpent.

Le Livre VII, une nouvelle fois, médite sur les méthodes et les finalités de qui exerce le pouvoir. Des Animaux malades de la Peste à Un Animal dans la lune, c'est assez net. La Tête et la queue du Serpent affirme la nécessité d'une seule tête, quand il s'agit de commander, thèse qu'illustre la fable suivante avec le bon roi Charles II. La présence du corps entier et de la queue n'est pourtant pas récusée. Si la queue n'est pas la tête, le corps n'est pas que tête. Confondre tête et queue mène droit aux ondes du Styx.

Cette fable de Serpent aide à lire et et à relire Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues. La pensée passe de fable en fable, de livre en livre, de Recueil à Recueil. Le Chiaoux, homme de sens, prépare déjà la leçon de la Tête et la queue du Serpent, tandis que cette fable lointaine aide à se souvenir de lui. Il faut aller en plusieurs sens pour faire sens. Mais il faut une seule tête, et ne jamais perdre le corps, avec ses queues multiples, pour que ça passe.

Telle est cette fable toute en doubles, et en redoublements de doubles.

Son unité est nette. Elle a un sens. C'est un récit qui s'ordonne clairement et conduit vers la formulation d'une thèse.

Je soutiens qu'il en est ainsi

De votre empereur et du nôtre.

Cette thèse, cependant, ne saurait être celle de la fable entière. Elle nous donne à penser qu'elle n'est que le corps d'une thèse qui se trouve en avant d'elle, et qui la mène. Mais quelle est cette thèse ? La Fontaine ne la formule pas. Il faut toujours laisser quelque chose à penser... Cette thèse, on peut l'imaginer : elle est, comme la poésie doit être, selon Rimbaud, en avant. Elle emmène ce fait que le Chiaoux avait une seule tête, mais un corps, et, sans doute de multiples queues, pour se risquer à ébranler l'Allemand, ouvrir son esprit, et relancer la conversation. Dans cette unique tête, il a fallu du désir, de la prudence, du souvenir, de l'invention, une capacité d'ordonner, et une volonté active. Il a fallu aussi du corps, et du corps souple, du corps roseau... Ce Chiaoux est l'image du fabuliste, tête du corps entier de la fable, dont ce personnage est une part, et la quasi fable qu'il conte une autre part, et les redoublements de cette quasi fable, une autre part encore, ainsi que la thèse du Chiaoux et, de la fable entière, la thèse même, dont tout est tu.

Cette fable est en doubles : tête et corps, certes, et corps et queue, le tout avec deux locuteurs, deux empereurs, deux Dragons, deux moments de l'histoire des Dragons, la comparaison et l'application de ces deux moments, la comparaison et l'application entre la fable encadrée et la fable encadrante, le redoublement du lecteur par l'Allemand, ou de l'Allemand par le lecteur, le redoublement du Chiaoux par La Fontaine, et de la Fontaine par le Chiaoux... Cela n'empêche pas lecture d'ensemble du texte par le lecteur qui n'est pas l'allemand, mais aussi lecture de fable à fable, passant par L'Homme et son Image, en suivant le livre entier. Faut être homme de sens pour lier sans délire, et lire. En tous sens., par désir , et par souvenir, en admettant, d'une seule tête sa propre diversité, comme le Chiaoux, homme d'expérience et homme d'écoute.

Le Chiaoux est puissamment homme de sens, image de l'homme qui s'est vu au miroir, et admet l'étrange comme le vrai.

Le Fabuliste, tel La Fontaine, est homme de sens.

Son Livre I s'achève par la liaison de la tête aux pieds, lorsque tombe le Chêne, de qui la tête au Ciel était voisine et dont les pieds touchaient à l'Empire des morts.

S'il faut une tête, et des pieds pour tenir, il faut un corps souple comme celui du Roseau, pour passer l'obstacle du Temps. Si ça plie, ca passera peut-être. Le Vent du Nord passe. Avec corps, multiples queques, en souplesse, ça passe la haie, tête, et corps, et queues. Avec corps de fable, applications diverses, désir, souvenir, et même épouvante, tout en souplesse, ça trouve d'ouverture, et passe à la fable suivante...

Voici Les Voleurs et l'Ane.

Nouvelle affaire de pouvoir, entre mauvaise gens, et affaire de double, de triple, et de quadruple. Quand on n'est pas homme de sens, quand on se bat avec son double, on perd même l'Ane.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues 3 18:32 dans La Fontaine

Cet article est incommenté. (le commenter ?)

Ici, vous pouvez écrire un nouveau commentaire...

Merci de votre inscription, . Vous pouvez maintenant écrire votre commentaire. (déconnexion)

Ces informations :


Quelques commentaires sur les commentaires

Les adresses e-mails ne sont jamais affichées sur le site.

Les passages à la ligne et sauts de paragraphes sont automatiquement convertis — inutile d'utiliser les tags <p> ou <br/>. De même, les accents, la ponctuation, les apostrophes, etc... sont automatiquement convertis en code HTML.

Créez des liens en utilisant la balise HTML standard <a href="http://mon.url.ici"></a>. Les balises HTML suivantes peuvent être utilisées strong, em, cite, code. Les autres seront détruites.

Site d'Emmanuel Riboulet-Deyris (contact) | MT 3.16 | XHTML 1.0 | CSS
Ce site, hébergé par le très agréable Lost-Oasis, est sous licence Creative Commons.
Syndication : flux RSS 1.0 RSS 2.0 | flux de commentaires XML | Atom XML | L'Astrée remercie Patrick Guallino.