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« Que pèse la place Pinel ? »

jeudi, 18 décembre 2008

Que pèse la place Pinel ?

Avec beaucoup de circonstances, d'admiration, de soumission et d'insinuations, un homme vantait le poids d'un homme. Il m'arriva cette question : combien pèse la place Pinel ?

Certaines questions allègent.

Adieu le poids de l'homme ! Je m'envolais dans un nuage, qui serait la place Pinel, si cette place en était un.

Elle ne l'est pas. Je le voyais. Je voyais aussi le petit poids de l'homme. La question m'emportait comme un poisson hors des profondeurs. Mon âme avait trouvé son hameçon. Ce jeu de mots m'enlève encore.

La littérature s'interroge peu sur le poids de la place Marius Pinel. La critique universitaire n'a rien trouvé chez Horace, Babrius, Aulu-Gelle, Lucien de Samosate, Plutarque, Aristote, Zozime de Panopolis, Aristophane, Paul le Silentiaire, ni même Pline l'Ancien.

Pas la moindre source. Pas le plus modeste papyrus. Pas une inscription même mangée des vers. Rien parmi les Fanfreluches antidotées pourtant issues du tombeau de Gargantua. Rien non plus chez Papillon de Lasphrise, Isidore Ducasse, et Sébastien Lespinasse.

Le poids de la place Pinel est sans bibliographie.

Voilà donc un discours possible sans note de bas de page...

Tout n'est pas dit, monsieur de La Bruyère, et l'on ne vient pas trop tard ! Suffisait de trouver la place et la question. Le monde multiplie, comme au battement d'une aile de papillon, à l'énoncé d'une question nouvelle.

Apparemment, la place Pinel ne pèse rien.

Si une balance a, d'un côté, un homme de poids, et, de l'autre, la place Pinel, elle penche vers l'homme. Le péché de l'homme ajoute encore à son poids. La place Pinel est innocente.

Mais l'homme de poids, place Pinel, quel changement ! Et si tout un groupe d'hommes de poids y vient, combien ne pèsera-t-elle pas ?

Ou elle est une pure surface, et ne pèse rien, même par visite d'hommes de poids. Ou elle est une épaisseur, avec ses arbres, sa pelouse, son toboggan, son école, ses crottes de chiens intérieures et extérieures à l'Espace canin, son kiosque, ses papiers gras, ses vieilles dames, ses hommes de poids, et elle pèse.

Dans le premier cas, la place Pinel est son abstraction même. Quelle légéreté ! Dans le second cas, c'est une forme substantielle.

Quel poids alors ?

Tout dépend de l'épaisseur. Mais où cesser ? Où commencer ? Quel ciel et quelle terre retient la place en sa définition ?

Nous devons penser sa verticalité.

Jean Montariol, instaurant en son centre le kiosque, a construit cette verticalité. Faut-il conclure que la place cesse au haut du kiosque ? Faut-il imaginer, par renversement de celui-ci, qu'il mesure sa profondeur ? Mais les étoiles et le feu central seraient abandonnés...

Si nous voulons tout, des abîmes s'ouvrent. Combien pèse un homme face à la place Marius Pinel ?

Et combien pèse-t-elle pour les hommes ?

La considération de l'idiot fonde le grand ciel libre.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Que pèse la place Pinel ? 22:08 dans Place Pinel

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