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« Supplément philosophique à l'assiétadou »

vendredi, 6 février 2009

Supplément philosophique à l'assiétadou

Gilles Couffignal nous écrit ces lignes :

Le dernier billet de l'Astrée est l'occasion d'une plongée nocturne dans le merveilleux Trésour dòu Felibrige du bienheureux Frédéric Mistral.

On y apprend qu'un assetadou [je me dispense de commentaires sur la graphie et les diphtonguaisons dialectales] n'est pas un assèti. Un assèti est un siège. Il est l'immobilité, la sûreté. On peut s'accrocher à un assèti, s'y réfugier. Un assetadou est lui aussi un lieu ou l'on s'assied, souvent bâti ou creusé dans un tronc (il est alors dénommé brasco). Mais c'est aussi le lieu oú l'on fait la lessive. Il est synonyme de sello, qui peu avoir le sens de chaise percée. Ce serait alors le lieu du flux, du coulant, du dégoulinant. Le siège duquel on s'échappe. Le siège le plus proche, par affinités, du postérieur.

Ces lignes nous éclairent.

L'assiétadou n'est pas un siège où l'on se pose en sûreté. Il n'est pas un trône où l'on s'installe pour dominer. Rien ne le protège. Il est ouvert aux souffles. Celui qui l'emploie n'y demeure qu'un moment. Il se sait de passage.

L'assiétadou n'expulse pas comme ces sièges ignobles des gares et des stations de métro qui empêchent par leur pente les hommes d'y dormir. L'assiétadou est accueillant, mais pour une pause, une méditation, le vent au visage, en présence des vignes. Celui qui l'emploie le sait permanent, puisqu'en pierres méditées par d'anciens paysans, et voulu pour un moment. L'assiétadou n'est pas une planche pour l'incertain. Ses pierres sont posées dans des vignes certaines, mais il n'est pas un refuge pour l'angoissé. Il récompense d'un moment de pensée la marche et le travail. Il s'offre à qui veut se mettre égal au monde, et ne pas dominer autrui. Il ne propose pas la sûreté des bureaux, des tours ou des trônes.

Il est des lors très beau qu'assiétadou puisse désigner un lieu où on fait la lessive, et une chaise percée. L'assiétadou est physique, au bon vieux sens de la phusis grecque, et sans tri du bon ou du mauvais goût. Il est ouvert aux flux, aux souffles, aux chiasses, et à la météo. On peut y perdre, selon, une expression de Rabelais, le fondement, mais y respirer la brise, et y laver son linge ou sa vaisselle... On y vit ainsi au mouvement du monde par le corps.

Sans rien en lui qui pèse et qui pose, comme la vraie poésie, l'assiétadou est un épicurisme concret. On peut bien y entendre ce vers splendide du De natura rerum : Placatumeque nitet diffuso lumine caelum

Tout en se souvenant de Spinoza.

Comment mieux formuler notre propos ?

L'assiétadou est une réponse à cet objet d'angoisse et de pouvoir : la Chaise de Giscard.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : Supplément philosophique à l'assiétadou 15:58 dans

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