« Traduire le Passage de Giscard »
lundi, 20 avril 2009
Traduire le Passage de Giscard
La traduction est, selon, Antoine Berman, l'épreuve de l'étranger.
Personne n'a traduit le Passage de Valéry Giscard d'Estaing.
Or, le Passage, par son titre, même appelle la traduction. Il l'appelle aussi, en raison, de sa puisance éminente, et des difficultés qu'elle suscite, de son caractère tellement français. Il faut livrer le Passage à l'épreuve de l'étranger.
L'Astrée propose aux traducteurs du monde de traduire, chacun en une langue qui existe, ou qui n'existe pas, un passage du Passage. Tout traduitre sertait peuvre trop gigannatsque. Henri Meschonnic même ne s'y serait pas risqué.
Nous proposons les trois premières pages du chapitre 14 (pages 111 112, 113).
Pour aider les traducteurs, dans les jours prochains, nous publierons un commentaire de quelques aspects de ce passage fondamental du Passage.
Les traductions peuvent être envoyées à cette adresse : y. lepestipon@lastee.net . Elles seront recueillies et publiées dans ce site. Ainsi le Passage ira-t-il auw langues.
Chapitre 14
Nous nous sommes assis dans la salle à manger, l'un en face de l'autre. J'avais posé les plats sur la table, en enlevant les feuilles de protection en aluminium chères à madame Berthier.
- C'est un dîner froid, lui-dis-je. Je ne suis pas doué pour la cuisine. Il y a des rillettes qui sont un produit du coin. Et puis une omelette froide, avec du jambon de Bayonne. Et une tarte.
- C'est parfait, me dit-elle, mais je n'ai pas très faim. Je lui tends le plat de rilletes, en le faisant glisser sur la table, et je me lève pour servir le vin.
Elle se nourrit de rillettes et du pain de campagne, à vrai dire délicieux, du boulanger du village. Elle boit un peu de vin, repose le verre, et me regarde à nouveau dans les yeux.
- Je m'appelle Natalie, me dit-elle, Natalie sans h. Ma mère est d'origine polonaise. Elle tient à ce que j'écrive Natalie, sans h, comme c'est l'usage en Pologne. Cela m'est égal. Je le fais pour lui faire plaisir.
Et vous, reprend-elle, comment vous appelez-vous ?
- Je m'appelle Charles, lui-dis-je.
Je n'ose pas ajouter : Charles avec h, tant la plaisanterie serait facile.
- Vous n'avez pas un surnom ? Je n'aime pas ce prénom.
- Non je n'en ai pas. Ceux que j'ai essayé étaient pires que le prénom.
Je me souviens de la tentative malheureuse de Florence de m'appeler Charlie, avec un accent anglais.
-Tant pis, me dit-elle, je ne vous appellerai pas, ou, en tout cas, pas souvent.
Elle reprend des rillettes, puis je lui tends les deux grandes assiettes rondes qui contiennent l'une l'omelette, l'autre les tranches épaisses de jambon entourées de cornichons.
Yves Le Pestipon |
11:21 dans
Giscard
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