« Labyrinthe »
mardi, 9 février 2010
Labyrinthe
Le silence était son île continuelle, même en conférence. Il le creusait volontiers à coups de mots dans l'épaisseur des mers. Et il s'y embarquait. Il naviguait par lui dans l'image. Il ne s'envolait jamais comme Icare.
Le silence était sa vieille peau des semaines. Il s'habillait d'elle tant que Dieu ne parlait pas. Respect aux cloches ! Respect à notre Seigneur ! Dès que venait Dimanche, il dévissait si bien de sa personne que Dieu le mangeait sans hostilité.
Le silence était la salive de Dieu, quand Dieu le crachait, ce qui se produisait tous les lundi, tous les mardi, et tous les autres jours. Il n'en voulait pas à Dieu. Il se savait incomestible même pour Dieu. Les femmes et les monstres ne prouvaient rien.
Le silence était le noyau où il espérait effondrer son fruit comme une poire, mais tout était trop dur. Rien ne s'effondrait, malgré les cavernes, les gouffres, les pores, les puits et tous les couloirs. Trop de morts l'obstruaient et le consolidaient. On ne s'effondre pas dans son silence, son noyau, quand on a tant de cadavres en soi. Tous ces défunts lui faisaient la corne de taureau.
Il en revenait à l'île. Il en revenait à la peau. Il en revenait à Dieu, et Dieu le crachait après messe, et son noyau tournait d'étoile en terre, de terre en volcan, et jusqu'aux bras multiplicateurs du ciel, et de nouveau dans les racines où des monstres le prenaient, et l'expulsaient vers l'obligation d'exister.
Tel était le texte, toujours, avec ses fils, ses portes, l'audace, le meurtre, la trahison, et le lancer de point, où tout se taisait.
Yves Le Pestipon |
22:14 dans
Il
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