« Tas »
vendredi, 12 février 2010
Tas
Il prenait congé de lui : Adieu, mon vieux.
Il n'en revenait pas. Il en revenait déjà : Salut. C'est moi.
Adieu, te dis-je.
L'autre rentrait par la parole.
Il prenait la porte. Il prenait ses jambes à tire-fesse. Il prenait la flèche d'arbalète. Il prenait toutes les expressions, mais l'autre maintenait la pression. Coucou c'est moi. Quelle oppression ! Il partait. Il entrait. Il se tricotait. Il se désobstruait. Il n'y avait rien à ajouter. Il était tard. Les ordures ne passeraient pas. Il était tôt. Pas de suceuse ! Il pleuvait. Il tombait des larmes. Il était à toutes les sauces. L'infini proliférait. Et il s'effrayait. Alors, il se prenait en mains. Il se cassait la tête. Il s'époumonait. Il schootait dans ses organes, dans l'âge, mais était toute la mêlée, la balle lui revenait. Rien à essayer. Il était bile, mille, Gille, crinoline, tas d'obsidiennes.
Il prenait congé. J'ai congé disait-il. T'es con disait-elle. Et il habitait encore. Il avait un sexe énorme. Il s'excitait contre les piafs. Il se castrait. Des astres jaillissaient. Il montait à la pêche aux lunes. Il décrochait. Il puait la pisse de millions de chiens. L'Italie l'enguelait. Castres lui faisait fête. Et Mazamet ! Et Cahors... Coqueluche de Tombouctou. On l'adorait à Shangaï, au Monomotapa. Quelle fable ! Quels amis ! Il était à bout. Il bouillait, tout debout, Dressé, langue dressée, face aux foules. Et là. Statue. Pas tué. Pas battu. Toujours têtu, fessu. Fait. Refait.
Adieu congés. Exit l'exil.
Yves Le Pestipon |
1:30 dans
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