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« La Cascade de l'Onde »

mardi, 20 juillet 2010

La Cascade de l'Onde

La Cascade de l'Onde se rencontre.

Elle n'est pas seulement un nom sur une carte et une alliance de mots pour lecteurs de poèmes du XVIIème siècle.

La Cascade de l'Onde se rencontre par la départementale 329, dans la commune de Mendagout, près du Vigan.

La Cascade de l'Onde est dans les pins et les chataîgniers, à deux pas de la route, quand on descend du Pic de la Barette, et que l'on marche vers Beaulieu, Costubague, La Cousinarié, ou le col de Mourèzes.

Elle accueille par les journées d'été. Seul le marcheur, s'il lit les cartes, peut-y être attentif. Il sait son nom. Il l'entrevoit. Il désire y plonger son corps.

L'automobiliste, rare sur cette route, passe. La Cascade de l'Onde est un plaisir de lecteur attentif au visage de la Terre. Il faut en aimer les conques rares et les rides pour y venir. Qui y vient a choisi de goûter la leçon des secrets sensibles. Certains amoureux sont de ce nombre. Ils vivent avec le monde, en actes divers, ce que La Fontaine nomme une conversation de baisers.

La Cascade de l'Onde n'a pas de palais autour d'elle. Aucune flèche, même, ne la désigne. Elle n'appartient à aucun circuit. Elle est une fraîcheur pour le marcheur aimant les cartes qui n'imposent pas un sens au voyage.

Il est vite clair, si l'on approche, que la Cascade de l'Onde est une femme. Plus sensible, plus lumineuse, et plus abondante que la Grotte du Figuier, dont nous avons parlé ailleurs, elle accueille par un étroit couloir, dont la fraîcheur récompense. On quitte le goudron, pour visiter d'émouvantes formes mouillées. La chute d'eau, avec sa rumeur, apparaît parmi des ombres et des éclats que l'on atteint après plongée dans un bassin très froid.

C'est dans une conque terminale que coule l'onde, cachée aux promeneurs pressés par des rochers, des arbres effondrés, des fougères. Une grosse pierre en forme de crâne animal, qui la surplombe, sépare ses eaux. La cascade est la chevelure double de cette tête qui considère celui qui se baigne là avec la profondeur pensive d'une divinité.

Le corps entier s'anime à ce regard. Il s'abandonne. Il est charmé. Quelque fée l'enchante. Impossible, pour un homme, s'il se désire Ulysse, de ne pas devenir en ce lieu la Cascade de l'Onde.

Ce lieu dénude, émeut, et rend fragile. On y devient ce que l'on est. Les doigts sensibles de la fée troublent en toute pureté. Tel est le poème qui nous recrée poème, ce que nous sommes et que nous oublions.

Le poème est l'accueil de l'ombre en moi qui m'abandonne. Par la grâce d'un nom, d'un lieu, et d'une pause dans la marche, j'y deviens, à deux pas de la départementale, la Cascade de l'Onde.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : La Cascade de l'Onde 14:45 dans L'Astrée

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