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« Les deux Soeurs vers la fin du monde »

jeudi, 31 mai 2012

Les deux Soeurs vers la fin du monde

A l'entrée de Lacabarède, au bord de la Départementale 612, en face d'une villa quelconque et de pompes à essence, devant une maison avec un petit jardin, un bassin, deux nains, et des laurières, se dressent Les deux Soeurs.

Ces menhirs en gneiss étaient déjà là au temps du pape Jean XXII, puisque un texte datant de son pontificat les cite.

Chaque jour, des centaines de voitures roulent devant eux, sans que les passagers, occupés par leurs voyages, leurs rêves, leurs maux de dents, leurs obligations, les perçoivent. Un petit panneau les signale, mais on le voit mal tant il est petit et tant sont grands le panneau Lacabarède, une croix dressée entre eux, et des poteaux bleus pour l'éclairage. A Saint Amant-Soult, village voisin, bien des gens ignorent l'existence de ces pierres. A Toulouse, à Bordeaux, à Pékin, très peu de personnes en parlent. C'est un tort.

Les deux Soeurs sont un excellent marqueur de la fin du monde : ces blocs de gneiss se toucheront au dernier jour. Pour certains, ils feront d'abord le tour de la Terre. Pour d'autres, ils se rencontreront directement.

Selon une publication sérieuse, une distance de trois mètres cinquante sept les séparait récemment.

Une équipe, composée de Catherine Aira, de Fred, et de moi, s'est rendue lundi 28 mai 2012 sur les lieux afin de filmer, d'interroger les voisins, et de prendre des mesures.

Le voisinage était peu inquiet.

Les laurières avaient été taillées avec soin pour améliorer notre vue des deux Soeurs. Un excellent café nous attendait. Des biscuits nous furent servis. Des anecdotes diverses nous furent présentées.

Nos mesures pourtant auraient dû affoler : ce mardi lundi 28 mai 2012, vers 15 heures, les menhirs se trouvaient à trois mètres quarante sept l'un de l'autre.

Certes, on ne les sentait pas bouger, mais dix centimètres manquaient.

Trois fois nous avons mesuré. Trois fois, même résultat.

Trois mètres quarante sept, voire trois mètres quarante six.

Accuser d'erreur les chercheurs précédents est une tentation facile. Nous la refusons.

L'étonnant est le calme après nos mesures. Les gens de Lacabarède étaient ravis de notre goût pour leur café. Les voitures circulaient à vive allure. Nous-mêmes nous ne tremblions pas. Aucune sueur froide ne se formait dans nos cous, sur nos fesses. Le monde vit bien la fin du monde.

Yves Le Pestipon | Voir l'article : <i>Les  deux Soeurs </i> vers la fin du monde 22:28 dans L'époque

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